news_Demokratie_07062017

Des citoyens politisés

Berlin (dpa) – Les grands partis politiques allemands se frottent les mains : leur base ne cesse de grossir. Depuis le début de l’année, la CDU a enregistré quelque 4.500 nouvelles adhésions. À titre de comparaison, le parti chrétien-démocrate n'avait attiré qu'environ 3.000 nouveaux membres au cours du premier trimestre 2016. Les Verts, quant à eux, se réjouissent de compter à 536 nouveaux adhérents depuis le mois de janvier. Avec 62.132 adhérents, le parti écologiste atteint un sommet historique. 

En mai 2017, le SPD a indiqué qu'il avait enregistré 17.000 adhésions depuis le début de l'année, soit plus que durant l'année 2016 toute entière. Le FDP s'est lui félicité de totaliser 4.600 adhésions au cours du premier trimestre 2017, soit plus que l'année précédente durant laquelle le parti avait enregistré 4.100 adhésions. Les élections régionales semblent avoir joué un rôle prépondérant dans ce gain d'adhérents. Durant la semaine qui a suivi les élections au Landtag de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le parti Die Linke a par exemple enregistré près de 300 adhésions. « C'est trois fois plus qu'en moyenne », a indiqué un porte-parole du parti de la gauche radicale.

La hausse du nombre d'adhérents ne signifie toutefois pas que les citoyens allemands soient plus politisés qu'ils ne l'étaient auparavant, fait remarquer le politologue Uwe Jun. « Les années où ont lieu les élections législatives, on observe toujours un regain des adhésions à un parti politique. La politique est plus présente, les gens s’y intéressent plus », explique Uwe Jun. Selon lui, nombre de gens veulent lancer un signal en faveur de la démocratie en réaction à ce qui se passe actuellement en Turquie, en Russie et ailleurs. Adhérer à un parti politique, cette institution démocratique bien établie, permet de le faire : « Les partis restent des leviers efficaces pour agir directement, contrairement aux mouvements sociaux. »

Uwe Jun indique qu'en principe, les gens ont tendance à être plus politisés lorsqu'il s'agit de défendre leurs intérêts. C'est par exemple le cas des sympathisants du mouvement Pegida, considéré comme xénophobe et islamophobe. Mais c'est aussi le cas de l'initiative « Pulse of Europe » qui fait descendre des milliers de citoyens dans la rue pour manifester en faveur de l’Europe.

Source : dpa ; traduction : FSM