« Nous soutenons toujours l’accord »

Les responsables politiques et les experts commentent la sortie des Etats-Unis de l’accord conclu avec l’Iran. Les premières réactions en Allemagne.

Merkel, May et Macron veulent sauver l‘accord.
Merkel, May et Macron veulent sauver l‘accord. dpa

Après le retrait des Etats-Unis de l’accord international conclu avec l’Iran, les craintes quant aux conséquences économiques, à une hausse des tensions et au risque de guerre au Proche-Orient augmentent. Les ministres des Affaires étrangères français, britannique et allemand veulent se concerter le 14 mai avec des représentants de l’Iran pour déterminer si et comment l’Accord de Vienne conclu en 2015 sur le nucléaire iranien peut se pérenniser sans les Etats-Unis. L’Iran veut respecter l’accord mais à condition que le pays profite réellement des avantages économiques promis. Les autres cosignataires de l’accord, la Russie et la Chine, critiquent eux aussi la sortie des Etats-Unis.

La chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa May ont fait une déclaration commune : « C’est avec regret et inquiétude que nous, les chefs d’Etat ou de gouvernement de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, avons pris connaissance de la décision du président Trump de faire sortir les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action, JCPoA). Ensemble, nous soulignons que nous soutenons toujours l’accord. Le JCPoA reste important pour notre sécurité commune. »

La déclaration poursuit : « Nous demandons à toutes les parties de respecter entièrement les termes de la résolution et appelons toutes les parties concernées à agir en étant conscientes de leur responsabilité. »

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a déclaré : « Nous ne voyons aucune alternative réelle aux mécanismes de contrôle et aux limitations du programme nucléaire iranien tels qu’ils sont décrits dans l’Accord de Vienne. Et nous craignons qu’un échec ne conduise à une escalade et que nous ne revenions à l’avant-2013. Personne n’y a intérêt. »

Le directeur de la Conférence de Munich sur la sécurité, Wolfgang Ischinger, craint une aggravation de la situation au Proche et au Moyen-Orient. « Avec ce coup éventuellement mortel porté à l’accord avec l’Iran, la situation de crise s’aggrave. » Cet ancien ambassadeur allemand aux Etats-Unis (de 2001 à 2006) a qualifié la décision du président américain Donald Trump « d’erreur ayant probablement le plus de conséquences en politique étrangère ». Pour les partenaires européens de l’accord avec l’Iran, le retrait des Etats-Unis est « une dure défaite ». Mais cela offre aussi l’opportunité que les Européens ne se laissent pas diviser et tentent de sauver l’accord.

La Conférence allemande des Chambres de l’industrie et du commerce (DIHK) explique que la décision de Trump assombrit les perspectives des relations économiques germano-iraniennes. « Le gouvernement allemand et l’UE doivent maintenant protéger les affaires européennes avec l’Iran et rétablir la confiance perdue. »

Le président de l’Association fédérale de l‘industrie allemande (BDI), Dieter Kempf, a déclaré que l’UE doit parvenir, avec la Russie et la Chine, a une déclaration claire de respect des conditions prévues dans l’accord sur le nucléaire iranien. C’est essentiel pour les entreprises allemandes et européennes. « Nos entreprises ont placé de grands espoirs dans l’ouverture du marché avec la fin des sanctions économiques.

Avec des informations de dpa et du ministère fédéral des Affaires étrangères