Les 70 ans du pont aérien de Berlin

Comment les « Rosinenbomber » (bombardiers à raisins secs) ont défendu la liberté de Berlin-Ouest et ont été à la source de l’amitié transatlantique.

70 ans de pont aérien berlinois : Les « Rosinenbomber » de 1948 sont attendus dans la joie au-dessus de Berlin.
Les « Rosinenbomber » de 1948 sont attendus dans la joie au-dessus de Berlin. dpa

Le ciel au-dessus de Berlin était rempli d’avions. Cette fois, trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, leur vrombissement, pour les Berlinois, n’était pas synonyme de malheur mais de sauvetage. Des pilotes américains et britanniques apportaient des vivres et du charbon dans la partie Ouest de la ville coupée du monde.   

Le blocus de Berlin-Ouest

A la fin de la guerre, les alliés qu’étaient les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Union soviétique avaient divisé l’Allemagne et sa capitale Berlin en quatre zones. Lorsque, en 1948, les puissances occidentales imposèrent une réforme monétaire et introduisirent le Deutsche Mark, contre la volonté de l’Union soviétique, celle-ci verrouilla le secteur occidental de Berlin le 24 juin 1948. Ce  qui marqua le début de la guerre froide.    

Une idée salvatrice : un pont aérien

Les denrées alimentaires, qui étaient déjà justes, ainsi que l’alimentation en énergie risquaient de faire défaut. Les Berlinois étaient menacés de famine. C’est alors que le gouverneur militaire de la zone occupée par les Américains, Lucius D. Clay, prit l’initiative d’établir un pont aérien : « Berlin Airlift ». Le 26 juin, les premiers vols de ravitaillement relièrent Francfort sur le Main et Wiesbaden à Berlin.   

Un tour de force en matière de logistique

Il fut rapidement évident que, pour ravitailler plus de deux millions de personnes dans la partie Ouest de Berlin, autant d’avions que possible devaient atterrir. Les alliés utilisèrent à l’extrême la capacité de leurs trois corridors aériens. Les « Rosinenbomber » atterrissaient chaque minute, étaient déchargés en un clin d’œil et redécollaient immédiatement. C’est ainsi que quelque 5 000 tonnes de biens de première nécessité furent livrés chaque jour dans la partie de la ville isolée.   

70 ans de pont aérien berlinois : Colis avec des biens de première nécessité.
Colis avec des biens de première nécessité. dpa

D’où vient l’expression « Rosinenbomber » ?

Le lieutenant américain Gail Seymour Halvorsen  jetaient des colis avec des sucreries afin de faire plaisir aux enfants vivant dans la ville de Berlin détruite par la guerre. D’autres pilotes reprirent cette idée. Jusqu’à la fin du blocus, environ 23 tonnes de sucreries seraient tombées du ciel à Berlin.

70 ans de pont aérien berlinois : Le lieutenant américain Gail Halvorsen jette des sucreries aux enfants à l’aide de petits parachutes.

Le lieutenant américain Gail Halvorsen jette des sucreries aux enfants à l’aide de petits parachutes.
dpa

La durée du pont aérien de Berlin

Les alliés occidentaux maintinrent le pont aérien pendant plus d’un an. Il est considéré comme l’une des plus grandes opérations humanitaires. Le 12 mai 1949, l’Union soviétique leva le blocus, mais les Américains et les Britanniques continuèrent jusqu’à l’automne de livrer des produits de première nécessité par les airs.  

Les ennemis devinrent des amis

Le pont aérien berlinois fut à l’origine d’une relation étroite entre l’Allemagne et les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Les adversaires devinrent des sauveurs, des partenaires et des amis. Ces liens particuliers marquent aujourd’hui encore le partenariat transatlantique entre l’Allemagne et les Etats-Unis.

Comment sera célébré l’anniversaire du pont aérien ?

En juin 2019, le pont aérien doit connaître une nouvelle mise en scène – avec des colis de vivres, des lancers de sucreries et des vols de démonstration. Il est prévu qu’environ 40 « Bombenflieger » voleront une nouvelle fois au-dessus de Berlin.
 

70 ans de pont aérien berlinois : Mémorial pour le pont aérien à l’aéroport de Berlin-Tempelhof. Il en existe un autre à Francfort et un à Celle.

Mémorial pour le pont aérien à l’aéroport de Berlin-Tempelhof. Il en existe un autre à Francfort et un à Celle.
dpa