Voter pour la première fois

Trois millions de jeunes Allemands peuvent participer pour la première fois à l’élection du Bundestag. Trois d’entre eux racontent ce qui les intéresse.

Erstwähler
dpa

« Soyez fidèles à vos convictions »
Caya Unger, 19 ans, étudiante

Pour moi, pouvoir participer aux élections du Bundestag est quelque chose de particulier. J’ai grandi dans la démocratie mais je sais que cela ne va pas de soi. Cela m’énerve si quelqu’un ne fait pas usage de son droit de vote. J’aime alors discuter.

Je sais déjà à qui je vais donner ma première voix. Je vais pourtant aller prochainement assister à une table ronde avec les candidats de ma circonscription – ça va peut-être me conforter dans mon choix. Je trouve important que les députés aient un peu roulé leur bosse et aient découvert différentes perspectives. De plus, ils doivent défendre leurs convictions. J’ai l’impression que certains d’eux ne veulent pas se faire mal voir pour ne pas perdre d’électeurs.    

Je réfléchis encore à quel parti je vais donner ma seconde voix. En tant qu’étudiante en médecine, j’attache de l’importance à l’éducation – et à tout ce qui touche à la santé. Pour moi, les questions sur l’environnement jouent aussi un rôle. A mon avis, par exemple, la sortie du nucléaire était une bonne chose. »

 

Je suis conscient de la responsabilité que l’on a en tant qu’électeur.

Julian Neugebauer

« Consacrez-vous aux thèmes du futur »
Julian Neugebauer, 19 ans, étudiant

« Beaucoup de mes amis et connaissances aiment s’occuper de la politique –à l’université nous discutons souvent des thèmes actuels. L’élection de Donald Trump comme président des Etats-Unis a encore augmenté cette tendance. Bien que la plupart des jeunes soient intéressés par la politique, il y a une certaine frustration.

Julian Neugebauer
Julian Neugebauer Privat

A mon avis, c’est parce que les points communs aux partis sont trop nombreux et qu’ils ne se préoccupent que trop rarement et trop superficiellement des véritables thèmes du futur. Le philosophe Richard David Precht a utilisé récemment le terme de ‘Retropie’- j’ai trouvé que cela convient : de nombreux politiques semblent vouloir retourner dans le passé. Le péage d’autoroute, par exemple, ne peut quand même pas être un thème décisif pour les élections ! On a beaucoup plus besoin de réponses à la question de savoir comment nous maîtriserons les changements du monde du travail et de l’Etat social causés par la numérisation. Le fait que les partis ne se consacrent pas vraiment à ces sujets rend difficile de leur faire confiance. C’est pourquoi, je ne sais pas encore pour qui je vais voter.          

Naturellement, je vais quand même voter. Etant une personne intéressée par la politique, je suis conscient de la responsabilité que l’on a en tant qu’électeur. Auparavant, à l’âge de 16 ou 17 ans, il était facile de critiquer tous les partis. Maintenant, il faut faire des compromis et se décider. J’avoue que, pour moi, ce sera probablement une décision spontanée le jour des élections. »  

« Investissez davantage dans les écoles »
Philip Ov, 18 ans, lycéen

« Je ne sais pas encore pour qui je vais voter. Pour le moment, je m’informe surtout sur internet et je regarde les sites web des partis. Sur les médias sociaux, je trouve rarement des informations intéressantes émanant des partis – ces réseaux sont probablement encore nouveaux pour de nombreux politiques.

Philip Ov
Philip Ov Privat

J’attache la plus grande importance aux sujets touchant à l’éducation. Beaucoup d’écoles ne sont pas suffisamment équipées. Dans mon lycée aussi, on manque souvent de matériel pour la chimie ou la physique de sorte que parfois on n’a pas assez de pratique. J’envisage pourtant de faire des études scientifiques après le bac.   

Pour moi, c’est important de participer aux élections en septembre. Pouvoir voter, cela veut dire être responsable. Ma voix aussi peut changer quelque chose – du moins un tout petit peu. »

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