Accès à l’énergie

Avec le programme « Energising Development », des millions d’Africains ont accès à l’électricité. Cela crée de nouveaux emplois et ouvre de nouvelles perspectives pour les habitants.

GIZ - Energy transition

Lorsque le soit tombait et que des femmes enceintes se rendaient auprès de Salamawit Betru au dispensaire Sire Goyu Health Centre, les infirmières et leurs collègues devaient improviser. « Nous éclairions la pièce avec des bougies et des lampes à kérosène. Nous utilisions même nos portables comme lampes de poche », se souvient-elle. C’était à l’époque où il n’y avait pas d’électricité. Aujourd’hui, ce dispensaire ethiopien a du courant, des ampoules éclairent la salle de soins. Grâce à l’électricité, Salamawit Betru peut maintenant garder les vaccins au frais, stériliser les instruments et tester les patients pour savoir s’ils ont le paludisme.

Le Sire Goyu Health Centre est l’un des 111 dispensaires qui ont reçu l’électricité jusqu’en 2015 en Ethiopie grâce au programme « Energising Development (EnDev) » EnDev est une initiative internationale qui soutient l’accès durable aux services énergétiques modernes dans les pays en développement. Elle contribue ainsi à ce que les ménages, les organismes sociaux et les entreprises accèdent à des technologies énergétiques durables et ménageant le climat. Le développement des énergies renouvelables progresse aussi dans l’espace rural. EnDev est actif dans 25 pays, dont 15 pays dans l’Afrique sub-saharienne.

Du courant pour au moins 20 millions d’habitants

South Africa

Avec EnDev, 6,2 millions d’habitants en Afrique sub-saharienne et plus de 8.000 écoles et dispensaires ont obtenu un accès durable au courant et à l’énergie nécessaire pour se chauffer et cuisiner. D’ici à 2019, au moins 20 millions d’habitants dans le monde doivent accéder à une énergie moderne, d’un prix abordable et ménageant le climat. L’Allemagne et les Pays-Bas ont lancé ce programme en 2005, puis d’autres partenaires les ont rejoints, la Norvège, l’Australie, la Grande-Bretagne, la Suisse, la Suède, l’Irlande et l’UE.

Avec ce programme, les partenaires luttent contre le manque d’électricité dans les différents pays. Ainsi, selon l’Agence internationale de l’énergie, plus de 600 millions doivent vivre sans électricité en Afrique sub-saharienne. « Sans alimentation en électricité, les gens cuisinent et se chauffent en brûlant des déchets ou en déboisant les forêts », dit Michael Köberlein, conseiller à la Société allemande pour la coopération internationale (GIZ) qui coordonne largement le programme à la demande du Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Le manque d’alimentation en énergie contribue à la déforestation et est responsable de nombreux autres problèmes écologiques dans les pays.

Un impact positif sur l’éducation et la santé

Senegal

Le manque d’alimentation en énergie a également un impact sur la santé. Avec de simples foyers, nombre de gens respirent de grandes quantités d’air enfumé. Selon l’Organisation mondiale de la santé, cela provoque chaque année le décès précoce de plus de 4 millions de personnes. Le manque d’alimentation en énergie a également un fort impact sur l’éducation. « Sans électricité, les écoles ne peuvent pas éclairer leurs classes ni utiliser d’ordinateurs. Les enfants ne peuvent plus apprendre le soir parce qu’ils n’ont pas de lumière », dit Michael Köberlein.

Le programme EnDev lutte contre le manque d’alimentation en énergie dans plusieurs domaines. Le programme aide par exemple les organismes officiels et les entreprises à construire et étendre le réseau d’électricité. Les partenaires soutiennent aussi l’extension des marchés privés, par exemple celui des lampes solaires ou des cuisinières modernes. Ils soutiennent ainsi des technologies plus efficaces, fabriquées autant que possible dans les pays concernés. Cette approche renforce l’économie locale, créant des emplois et des revenus. Des habitants comme le Kenyan Shadrac Ananda en profite : « Lors d’un atelier d’EnDev, j’ai appris à fabriquer et à installer des cuisinières modernes. Depuis, je gagne bien ma vie », dit-il. Cela lui a permis de construire sa maison et de s’acheter une vache.

Les enquêtes montrent elles aussi les effets positifs d’EnDev. Lors d’une étude réalisée au Kenya, plus de la moitié des vendeurs de cuisinières interrogés indiquaient que leurs revenus avaient augmenté de plus de 55 %. Grâce à ce travail, ils sont nombreux à avoir une nouvelle source de revenus, leur situation financière s’est stabilisée. Et presque tous ont embauché de nouveaux collaborateurs.

De nouvelles opportunités économiques

De nouveaux emplois sont aussi créés dans d’autres secteurs grâce à l’accès à l’électricité. Au Mozambique, EnDev a soutenu la construction du réseau pour les personnes à faibles revenus. Nombre de ménages ont alors acheté un réfrigérateur. Une partie d’entre eux l’utilisent pour gagner de l’argent, vendant par exemple des boissons ou des poulets frais. Agnes Segla, de Toucountouna au nord-ouest du Bénin, a ouvert son épicerie lorsque son village a été branché sur le réseau. Aujourd’hui, elle vend du poisson et des saucisses et approvisionne les restaurants avec ses produits.

Avec les nouveaux produits énergétiques efficaces, on peut en outre économiser de l’argent. Une cuisinière moderne permet par exemple à un ménage ougandais d’économiser 4 euros par mois. De plus, le climat profite de ce programme. Car les fournisseurs d’électricité soutenus par le programme, comme les piles solaires, les petites centrales hydrauliques et les installations de biogaz, réduisent les émissions de gaz à effet de serre. « Les mesures prises dans le cadre d’EnDev permettent d’économiser plus de 1,8 million de tonnes de dioxyde de carbone par an », dit ce spécialiste de l’énergie qu’est M. Köberlein. Tout le monde y gagne.