Des ambassadeurs de l’UE sur des vélos de course

Thomas John et Johannes Rosenberger ont parcouru en vélo 4700 kilomètres à travers l’UE en quatre week-ends pour vanter les mérites d’une Europe sans frontière. Chemin faisant, leur idée a enthousiasmé bien des gens.

Sabrina Kraal - Thomas John, Johannes Rosenberger

Pendant tout un été, Thomas John et Johannes Rosenberger, de Francfort-sur-le-Main, ont pratiqué la chasse à l’homme en Europe. A l’origine, ils ne s’étaient fixé qu’un objectif sportif pour leur projet « EU Ride » : ils voulaient partir de Francfort pour explorer le continent européen en vélo de course.

Que ces anciens triathlètes, tous deux la vingtaine bien sonnée, attireraient sans cesse des personnes qui les accompagneraient n’était pas prévu mais bienvenu. Car leur « EU Ride » ne devait pas être seulement une grande performance sportive, elle devait aussi défendre l’idée européenne : une communauté d’Etats sans frontières qui isolent. « Avec notre tour, nous voulons illustrer l‘unité de l’Europe de manière sportive. Depuis Francfort, on peut partir dans toutes les directions à la découverte de l’Europe en l’espace d’un week-end », écrivent les deux sportifs de l’extrême sur leur site Web. La diversité n’est nulle part ailleurs aussi importante dans un espace aussi réduit, et la solidarité au sein de la diversité n’est nulle part ailleurs aussi évidente. « L’Europe est le nom d’un continent mais aussi celui d’un espace homogène et sans frontières. »

John et Rosenberger ont rattrapé Simon, leur compagnon d’un temps, lorsqu’ils étaient en route pour Varsovie. Cet Allemand fut tellement séduit par l’idée du duo qu’il s’acheta un vieux vélo de course pour escorter les « EU-Riders » lors de leur dernière excursion lors d’un week-end en septembre 2016 : Simon a rendu visite à son oncle qui vit sur le trajet menant en Italie, puis tint le rythme jusqu’au terminus, à Rome.

En général, le peloton de volontaires accompagnant l’équipe de l’UE comptait quelque dix cyclistes de toute l’Europe. Cinq assistants, qui voyageaient dans deux petits minibus, accompagnaient les cyclistes. Au total, la troupe a parcouru 4700 kilomètres en quatre week-ends. La première excursion, en direction de l’ouest, s’acheva plus rapidement que prévu : les cyclistes ne parvinrent pas jusqu’en Normandie comme ils l’avaient prévu, Rosenberger ayant des problèmes au talon d’Achille, ils s’arrêtèrent à Paris. Ensuite, tout se déroula comme prévu : ces ambassadeurs de l’UE rallièrent Göteborg, puis Varsovie et, finalement, Rome.

Leur plaidoyer en faveur de l’Europe fut bien accueilli presque partout, racontent John et Rosenberger. En Italie, un autochtone guida le groupe vers le meilleur glacier de la ville ; en Suède, leur escorte comptait 20 cyclistes si bien que les deux leaders étaient un peu protégés du vent violent et purent récupérer. Et à Varsovie, ils ne ressentirent ici aussi aucune animosité envers l’Europe.

Ces héros du deux-roues étaient au pire menacés par les automobilistes sans égards. En Italie, John et Rosenberger constatèrent souvent que les règles du code de la route y sont plus des recommandations que des impératifs. Mais ils constatèrent aussi qu’un coup de klaxon n’y est pas automatiquement un signe de mauvaise humeur.

Lors de leurs quatre expéditions, les euro-cyclistes n’ont pas seulement découvert des pays et leurs habitants, ils ont aussi acquis des « aptitudes à la gestion de projet », comme le dit Rosenberger. La planification du trajet avec un GPS exigeait à elle seule des compétences logistiques afin que le voyage ne s’achève pas quelque part dans un champ. Une capacité à conduire les hommes était aussi nécessaire pour maintenir l’unité du groupe de cyclistes, se souvient John : « Il y a toujours des situations où l’un se sent comme un superman et l’autre comme un escargot. »

Certaines des expériences que John et Rosenberger ont faites pendant leur « EU Ride » devraient leur être utiles dans leur vie professionnelle. John travaille dans une start-up technique qui développe des instruments d’analyse de l’entraînement des footballeurs. Rosenberger prépare actuellement sa maîtrise de génie mécanique à la Frankfurt University of Applied Sciences ; cet établissement supérieur avait intégré le départ des cyclistes vers Paris en juin dans la cérémonie d’inauguration de son Centre d’études européennes appliquées.

L’exploration de l’Europe en quatre étapes ne sera pas le dernier exploit sportif des deux cyclistes. John et Rosenberger, qui ont déjà fait ensemble la course cycliste « Transsibirian Extreme », voudraient volontiers repartir. De préférence le week-end, c’est le plus simple pour concilier leur soif d’ailleurs avec le travail. Mais pour aller où ? John a déjà une idée : de préférence chez les voisins, en France.