Walter Lindner, ambassadeur en Afrique du Sud

Dans la série  « En poste », des ambassadeurs et de grands collaborateurs allemands d’organisations internationales nous présentent leur travail. 24e partie : Walter Lindner, ambassadeur en Afrique du Sud.

GIC Africa - Walter Lindner

Comment le rôle d’un ambassadeur a-t-il évolué au cours des dernières années?

Il n’est pas très facile pour les diplomates de donner l’impression d’être décontractés et abordables. Ils sont entourés d’une aura d’inaccessibilité, d’hautaineté, d’importance ; en tout cas pas de celle d’une personne qui connaît les soucis de l’homme de la rue. La proximité de la vie normale ne va pas de soi, il faut la rechercher. La curiosité, la spontanéité, l’improvisation et le goût de l’aventure peuvent y conduire. Rester dans les cercles diplomatiques, lire des discours standards, user de formules habituelles qui disent tout et rien – ce n’est pas la bonne voie à emprunter. Ce que beaucoup de gens « normaux » ne retrouvent pas auprès des diplomates c’est l’accessibilité, l’humour, l’écoute et l’authenticité. Je suis heureux qu’ici l’attente du public vis-à-vis des représentants des pays ait changé. A l’ère des médias sociaux, il y a longtemps que les conventions, les cocktails, le protocole et les interminables discussions pour de simples virgules derrière des portes fermées ne suffisent plus. Aujourd’hui, on attache davantage d’importance à la manifestation de sympathie, à l’ouverture, aux relations publiques, aux débats directs avec les citoyens et à des approches innovantes. C’est une chance !     

On dit de vous que vous êtes un « diplomate différent ». Comment l’Afrique du Sud devra-t-elle se souvenir de vous ?

À tous mes postes d’ambassadeur – au Kenya, au Venezuela, en Afrique du Sud – on m’a qualifié tôt ou tard d’ambassadeur « cool », un adjectif qui ne s’appliquait pas au rôle classique d’un diplomate. On ne s’étonne pas qu’un musicien ait les cheveux longs coiffés en queue de cheval par contre cela a à voir surtout avec la nouvelle image d’un ambassadeur : il est plutôt à l’extérieur dans les townships en conversation avec des étudiants ou des jeunes chômeurs qu’à d’incessants cocktails. Il est plutôt sur scène avec des vedettes du jazz du pays qu’à passer son temps à rédiger des textes ardus qui ne seront pas lus et seront classés dans les abîmes ministériels. Il est plutôt l’invité de talk-shows africains que le réfugié dans le cocon protocolaire en tant que « son excellence ». Évidemment tout dépend de l’environnement et de la sécurité de chaque pays : à Kaboul et à Bagdad bien des choses sont impossibles alors que, par exemple en Afrique ou en Amérique latine elles font partie du quotidien. En Afrique du Sud, beaucoup de choses sont possibles : la musique, l’humour, le football, la nouvelle communication, la liberté de parole, l’innovation. En ce qui me concerne, je suis actif sur Twitter depuis mon arrivée, à quoi s’ajoutent le réseau Twitter et les pages Facebook de l’ambassade et du German Information Centre Africas. Avec notre projet #KhombiSAGermany nous sommes aussi maintenant sur Instagram. Nous avons transformé un bus VW hippie de 1971 en « Deutschlandmobil ». Il nous permet d’aller là où, normalement, les ambassades ne sont pas présentes : l’ambassadeur dans le rôle du chauffeur de taxi à travers les townships de Mamelodi et Soweto   

Pourquoi l’Allemagne et l’Afrique du Sud sont-elles importantes l’une pour l’autre ?

L’Afrique du Sud est notre partenaire stratégique sur le continent africain. Les niveaux d’échanges sont multiples et très différents : plus de 600 entreprises allemandes y sont actives et représentent ainsi 100 000 emplois dans le pays. Chaque année, des centaines de milliers de touristes allemands viennent visiter le pays et pour beaucoup d’entre eux ce n’est pas la première fois. Au niveau politique également, l’échange est intense : la Commission binationale aura lieu en novembre 2016 lors de laquelle des projets de coopération seront conclus dans le cadre de huit comités spécialisés. Les thèmes vont de la science à la politique étrangère et de sécurité en passant par les énergies renouvelables.     

On vous prête une passion particulière pour l’Afrique et vous vivez et travaillez sur le continent depuis un total de plus de dix ans. Qu’est-ce qui vous fascine ? À votre avis qu’est-ce qui fait le charme de l’Afrique ?

Il y a bien des raisons à cela. Soulignons l’une d’entre elles. En tant que musicien, mais aussi en tant que juriste, le contact avec la population et la jeunesse est tout à fait différent lorsque vous êtes sur scène avec des vedettes locales ou régionales – nulle part ailleurs qu’en Afrique la musique est aussi vivante. Cela donne accès à la véritable âme du continent et à ses habitants. Depuis des décennies, je travaille aussi dans mon propre studio d’enregistrement qui m’accompagne partout. Cela donne toujours naissance à des coproductions avec des artistes de chaque pays, que ce soit avec Eric Wainaina au Kenya, avec des stars de la salsa à Caracas ou avec la légende du jazz qu’est Sipho Hotstix en Afrique du Sud. Sur toute la planète vous rencontrez d’immenses talents et particulièrement en Afrique du Sud. Si je m’étais limité à mes études de droit, je n’aurais pas eu accès à cette ouverture sur le monde.   

Les points de vue intérieur et extérieur sur un pays sont souvent différents. Que peut-on dire sur l’Amérique du Sud d’après l’expérience que vous en avez ?

Je trouve qu’en Allemagne on met trop l’accent sur les problèmes de ce pays. Évidemment on ne peut pas nier la pauvreté et la criminalité et, dans le pays, il faut observer certaines règles. D’un autre côté, le monde entier est réuni en Afrique du Sud. La diversité des paysages et de la culture est énorme. On y trouve tout – des tropiques aux montagnes et aux déserts et jusqu’à des plages de rêve. Les gens sont ouverts, pleins d’humour et accueillants. Ici, beaucoup de personnes profitent du tourisme alors qu’autrement elles trouveraient difficilement un emploi. Je vous le promets : le pays va vous plaire.

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