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Les quatre « C »

Les plus importantes questions et réponses concernant le « Plan Marshall avec l‘Afrique »
par Marvin Kumetat

Le ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement Gerd Müller a lancé un projet ambitieux ; il s’agit d’un nouveau partenariat avec l’Afrique pour le développement et la paix. Il se résume en quatre « C » : Coopération, Concentration, Conditionnement et lutte contre la Corruption - son nom : « Marshall Plan with Africa ». Il a été conçu par des représentants allemands et africains de la politique, des sciences, de l’économie et de la société civile. Il s’insère dans d’autres concepts qui servent en 2017 de jalons déterminants pour la politique internationale concernant l’Afrique : l’Union européenne établit un nouveau concept pour l’Afrique ; de plus, l’Afrique est une priorité de la présidence allemande du G20. Quels sont les éléments clés du Plan Marshall ? Nous avons réuni les faits les plus importants :

1. Pourquoi faut-il un Plan Marshall avec l’Afrique ?

Le ministre fédéral du Développement Gerd Müller est persuadé que l’Afrique est « le continent des opportunités et de la croissance de cette décennie ou de ce siècle ». Dans les médias et dans la recherche, les experts voient également apparaître l’image d’une « renaissance africaine », d’un contient en transformation. Mais la réalité est tout autre : par rapport au reste du monde, l’Afrique reste à la traîne. En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, par exemple, presque aucun progrès n’a été fait. Environ 40 pour cent de la population d’Afrique subsaharienne vit au-dessous du seuil de pauvreté. Bien que plus de 16 pour cent de la population mondiale vivent en Afrique, le continent ne représente que trois pour cent du produit intérieur brut mondial, avec de nombreux conflits armés, des catastrophes naturelles et des épidémies qui entraînent des mouvements dramatiques de migrants et de réfugiés. Müller est convaincu : « si nous ne résolvons pas ensemble les problèmes sur place, ils nous atteindront un jour ou l’autre ».   

2. A quoi doit servir ce plan ?

Le « Marshall Plan with Africa » est le résultat de la prise de conscience qu’il ne faut pas, dans un premier temps, lutter contre les symptômes mais contre les causes de la fuite et de la migration. Si l’on se limite à ériger des murs et des clôtures ou à contrôler complètement la Méditerranéenne on ne contribue pas à résoudre les problèmes actuels. Le Plan Marshall est de ce fait une vision pour l’avenir de la coopération au développement allemande et européenne. Selon le ministre Müller, le plan prévoit un remaniement fondamental de la coopération au développement allemande avec l’Afrique. Le Plan Marshall comprend deux effets fondamentaux : il s’agit d’augmenter l’échange économique avec l’Afrique et de lancer à long terme un développement durable.       

3. Comment les objectifs du plan doivent-ils être atteints ?

L’Afrique, pour bien des gens, c’est surtout le continent de crises, de guerres, de catastrophes et de maladies. Le Plan Marshall souhaite corriger cette perception erronée. L’Afrique n’est pas seulement le bénéficiaire d’aide au développement venant d’Europe mais davantage un continent rempli d’opportunités pour des investissements et un important partenaire commercial. 

Pour son concept, Müller mise donc sur quatre « C » : Coopération, Concentration, Conditionnement et lutte contre la Corruption. Si l’on parvient à améliorer l’image de l’Afrique auprès d’entreprises privées, cela peut entraîner à moyen terme d’importants investissements dans le développement économique en général, dans les systèmes d’éducation, l’infrastructure et les secteurs d’avenir tels que celui des énergies renouvelables. Le Plan Marshall prévoit également des réformes en matière de politique commerciale et agricole. Elles doivent surtout apporter une aide à de petites entreprises africaines. De plus, les Etats disposés à entreprendre des réformes doivent recevoir davantage d’aides financières ; des fonds qui ne seront pas affectés aux pays rechignant à entreprendre des réformes.   

4. Quelles sont les opportunités du Plan pour l’Afrique ?

En plus des avantages pour les partenaires en Afrique, le plan ouvre des opportunités dans d’autres domaines. Si l’Europe s’engage davantage en Afrique, elle est en concurrence directe avec d’autres puissances mondiales. Il y a bien longtemps déjà que, par exemple, la Chine, la Russie et l’Inde ont reconnu le potentiel du continent et investissent largement. Les Etats africains peuvent en profiter et négocier de meilleurs accords commerciaux et d’investissement avec des partenaires potentiels. Davantage d’assurance pour les Etats africains cela pourrait aussi avoir pour conséquence que ceux-ci demandent d’avoir beaucoup plus voix au chapitre dans les forums internationaux. On pourrait par exemple imaginer qu’un Etat africain ait un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU.   

5. Quelles sont les opportunités du plan pour l’Allemagne ?

Il y a en particulier deux opportunités importantes qui s’offrent du point de vue de l’Allemagne : si les objectifs ciblés sont poursuivis avec rigueur et succès, le Plan Marshall ouvre aux entreprises allemandes de nouveaux marchés sur le continent  africain. L’importante croissance de la population en Afrique qui est actuellement de 1,2 milliard d’habitants représente le potentiel d’un marché gigantesque. Un développement économique positif crée également de nouvelles perspectives pour la jeunesse africaine – et pourrait entraîner une réduction des courants migratoires et de réfugiés.     

6. Quelles sont les conditions pour que le Plan Marshall pour l’Afrique soit un succès ?

Les 55 Etats d’Afrique ne pourraient guère être plus différents. Il y a des Etats riches en ressources et d’autres qui n’en ont pas, des Etats stables et des Etats fragiles, des démocraties et des monarchies absolues, de petits Etats insulaires et des « géants » comme la République démocratique du Congo qui est presque sept fois plus grande que l’Allemagne. Tous les acteurs de la politique de développement dans le monde entier doivent reconnaître cette diversité. De plus, les ministères allemands concernés ne doivent pas être les seuls à coopérer dans le même sens et à prendre des initiatives communes mais cela doit concerner également les partenaires européens et internationaux. C’est une condition importante pour la réussite du Plan Marshall. Et enfin : les partenaires africains doivent participer au processus de manière convaincante et sur un pied d’égalité. La plupart des hommes politiques sont du même avis : la solution aux problèmes africains ne peut être apportée que par les Africains eux-mêmes. Des initiatives existant déjà sur le continent, comme l’Agenda 2063 de l’Union africaine, doivent donc être intégrées et servir de base à la coopération au développement allemande avec l’Afrique.

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par Marvin Kumetat

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