L’Allemagne fidèle à l’UNESCO

Après l’annonce de leur retrait par les Etats-Unis et Israël, l’Organisation des Nations unies est mise à rude épreuve.

Devant le siège de l’UNESCO à Paris
Devant le siège de l’UNESCO à Paris dpa

Les Etats-Unis et Israël tournent le dos à  l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Le gouvernement fédéral continue de soutenir l’UNESCO car il considère que son mandat est exceptionnel.

Quelles sont les tâches de l’UNESCO ?

On connaît surtout sa liste du patrimoine mondial. L’Organisation est toutefois active dans bien d’autres domaines - par exemple dans ceux de l’éducation, de la liberté d’expression, de l’égalité des sexes, de la culture, de la science et de la lutte contre le racisme. En général, elle doit favoriser la compréhension entre les peuples au moyen de l’éducation et de l’échange. L’acte constitutif précise « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».   

Quelles sont les critiques adressées à l’UNESCO par les Etats-Unis et Israël ?

Ils lui reprochent surtout des tendances anti-israéliennes et une politisation inutile. La crise couve depuis longtemps. Elle a commencé lorsque, en 2011, l’UNESCO a été la première institution internationale à admettre les territoires palestiniens en tant qu’Etat – contre les voix des Etats-Unis, d’Israël et également de l’Allemagne. Les Etats-Unis, sous la présidence d’Obama, ont alors suspendu le paiement de leur cotisation. En 2017, la colère a été provoquée par la décision d’inscrire la vieille ville d’Hébron au patrimoine mondial palestinien en avançant qu’il n’y avait pas, dans un premier temps, de preuve de la tradition juive à Hébron. Peu après, Washington et Tel Aviv ont annoncé leur retrait de l’UNESCO. Cette décision entrera en vigueur fin 2018. 

Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix 

Extrait de l’acte constitutif de l’UNESCO

Que pense l’Allemagne de ces reproches ?

Le gouvernement fédéral considère également qu’il y a des tendances à instrumentaliser l’UNESCO à des fins politiques dont ce n’est pas l’objet. C’est pourquoi il est d’avis que l’UNESCO devrait à nouveau se concentrer sur sa mission première et l’organiser de manière plus efficace. Il considère toutefois que c’est une erreur de tourner le dos à l’Organisation. Pour lui, l’UNESCO demeure un forum international important et une instance de coordination indispensable. C’est justement dans les moments difficiles que l’on doit y rechercher le dialogue et la conciliation.   

Que signifie le retrait concrètement?

L’UNESCO est dans une situation financière précaire. Depuis que les Etats-Unis ne paient plus leur contribution, un bon demi-milliard de dollars de dettes s’est accumulé. Avec le retrait, cette somme est probablement définitivement perdue pour l’UNESCO, de sorte qu’elle dispose maintenant d’un budget restreint et qu’elle doit se réorganiser. 

Que va devenir l’UNESCO ?

La situation financière oblige l’Organisation à appliquer des réformes austères. Actuellement, un catalogue de 100 points est établi afin d’améliorer les méthodes de travail et de développer une nouvelle procédure pour le budget. Pour ces réformes, la Française Audrey Azoulay, nouvelle directrice générale, a besoin de la coopération des Etats membres. Elle a déjà obtenu des premiers succès, également en désamorçant les conflits politiques. Elle peut compter sur le soutien de l’Allemagne. 

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