Après Leipzig : la Russie est menacée par un vaste paquet de sanctions de l’UE
À la suite des révélations concernant le drone chargé d’explosifs russe à Leipzig, l’UE affiche sa solidarité avec l’Allemagne et annonce de nouvelles sanctions contre la Russie.
Wicklow/Bruxelles (dpa/d.de) - La Russie doit s’attendre à un nouveau vaste paquet de sanctions de l’Union européenne (UE) après la tentative d’attentat au moyen d’un drone chargé d’explosifs à l’aéroport de Leipzig/Halle. La haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a déclaré lors des consultations des ministres des Affaires étrangères de l’UE en Irlande que des préparatifs étaient déjà en cours pour imposer des sanctions à 1 600 personnes et entreprises supplémentaires ayant des liens avec le complexe militaro-industriel russe. D’autres pourraient éventuellement encore s’y ajouter.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a communiqué les informations concernant l’incident impliquant le drone à ses homologues lors de la réunion de l’UE des conclusions.
Le gouvernement fédéral allemand a reçu en conséquence un soutien considérable. Ainsi par exemple, le président français, Emmanuel Macron, a assuré de sa pleine solidarité. il a souligné sur la plateforme X que les attaques hybrides en augmentation en Europe « ne peuvent pas rester sans réponse ». La France est aux côtés de l’Allemagne et approuve les nouvelles sanctions européennes contre Moscou. Le ministre italien des Affaires étrangères et vice-président du Conseil, Antonio Tajani, a fermement condamné la tentative de sabotage russe à l’aéroport de Leipzig et a déclaré, au nom du gouvernement italien, sa solidarité sans réserve avec l’Allemagne. De nombreux autres chefs de gouvernement et ministres des affaires étrangères européens ont exprimé des soutiens similaires.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que, si l’attaque de Leipzig avait réussi, elle aurait causé des dommages énormes et aurait pu faire des victimes. Cela ne sera pas toléré. Si l’objectif en était d’amener l’UE à reconsidérer son soutien à l’Ukraine, je peux seulement dire que l’intimidation ne fonctionnera pas, a déclaré von der Leyen.
Selon les résultats des enquêteurs allemands, la tentative d’attentat avait pour objectif un avion-cargo ukrainien de type Antonov AN-124 Condor. Selon des rapports des médias, les enquêteurs ont deux suspects dans le viseur. Le parquet fédéral, sollicité à ce sujet, n’a pas souhaité faire de commentaire. Après plusieurs semaines d’enquêtes intensives, le gouvernement allemand a attribué la tentative d’attentat à la Russie mardi.
Depuis, un durcissement clair des tensions entre Berlin et Moscou est notable. Le président russe Vladimir Poutine a qualifié de « grave erreur » le catalogue de mesures annoncé par Berlin à l’encontre de son pays et a accusé l’Allemagne de falsification de preuves. Le ministère des affaires étrangères à Moscou a annoncé des mesures de rétorsion. Ainsi, à titre d’exemple, les instituts Goethe en Russie doivent être fermées.
Wadephul a rejeté les accusations de Poutine : « C’est tout le contraire qui est vrai. » Dans les rangs de ses homologues de l’UE, il a reçu un très large soutien aux mesures prises. Comme en Allemagne, de nombreux autres pas ont également convoqué les ambassadeurs russes et de nouvelles sanctions y sont à l’étude.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a affirmé que la Russie agit de manière de plus en plus irresponsable, tout en poursuivant son affreuse guerre contre l’Ukraine. On voit que des drones et des missiles sans cesse plus nombreux pénètrent dans l’espace aérien de l’OTAN sur le flanc est, augmentant ainsi les risques. On constate par ailleurs une multiplication des activités hostiles visant directement le territoire de l’alliance. « Si la Russie croit qu’elle peut nous diviser avec ces menaces ou si elle pense pouvoir nous dissuader de soutenir l’Ukraine, alors elle se trompe », a déclaré Rutte.
Le gouvernement allemand avait annoncé mardi toute une série de mesures de rétorsion contre la Russie. Celles-ci incluent notamment la fermeture de la Maison russe à Berlin - l’institut culturel est suspecté de service à des activités de couverture à des fins d’espionnage - et du consulat général à Bonn ainsi que l’expulsion de nombreux diplomates. En outre, des contrôles d’entrée plus stricts pour les ressortissants russes sont prévus, ainsi qu’un durcissement des mesures contre la « flotte fantôme » russe.