Merz : interdire l’AfD ne résout pas le problème
Après la victoire électorale de l’AfD en Saxe-Anhalt, un nouveau débat s’ouvre sur une procédure d’interdiction de ce parti. Le chancelier s’exprime désormais à ce sujet.
Berlin (dpa) – Le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé son scepticisme quant aux chances de succès d’une éventuelle procédure d’interdiction du parti AfD. « Nous pouvons bien sûr continuer à examiner cette question, mais à mon sens, cela représente un obstacle de taille », a déclaré Merz à Berlin, lors d’une conférence de presse tenue conjointement avec le président du Conseil de l’UE, António Costa. « Je ne pense d’ailleurs pas que l’interdiction de ce parti résoudra le problème que les électrices et électeurs de ce parti voient en Allemagne. »
Merz s’est ainsi prononcé en faveur d’un débat politique avec l’AfD, ce parti qui vient de remporter une large victoire aux élections régionales en Saxe-Anhalt, avec 43,8 pour cent des voix. Le chancelier estime qu’il faut tenter de regagner les électrices et électeurs pour le centre politique en leur proposant un programme politique convaincant.
Après la victoire électorale de l’AfD, le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie Hendrik Wüst avait réclamé qu’un groupe réunissant des experts du gouvernement fédéral et des Länder ainsi que des constitutionnalistes et représentants du service de protection de la Constitution évalue le parti en toute impartialité.
Le SPD et les Verts sont également favorables à l’examen d’une procédure d’interdiction. Dans plusieurs Länder, l’AfD est classée par les services de protection de la Constitution comme étant clairement d’extrême droite, notamment en Saxe-Anhalt.