« Récolter » de l’énergie

Le « Micro Energy Harvesting » est la nouvelle tendance dans la création d’énergie.

dpa/Britta Pedersen - Micro Energy-Harvesting

Qui n’a pas vécu ce moment ? On est en déplacement, on veut passer un coup de fil urgent  mais la batterie du téléphone est vide. La crainte de ne pouvoir être en ligne, ne pas pouvoir téléphoner ou envoyer un courriel est très répandue. Il existe même un terme pour la désigner, la nomophobie, la « No-Mobile-Phone-Phobia ». Les chercheurs, les techniciens et les entreprises œuvrent dans le monde entier au développement de nouvelles sources d’énergie autonomes pour des applications ou des capteurs mobiles. Ils travaillent au « Micro Energy Harvesting » (MEH), « récoltant » l’énergie de mille manières. Des mouvements comme la marche ou la danse, les vibrations des suspensions de camion ou des lave-linge et la chaleur émise par les moteurs et les installations industrielles y sont propices. On peut aussi capter les mouvements de l’air, l’énergie de freinage ou les ondes sonores et électromagnétiques. On utilise pour cela toutes sortes de générateurs. A ce jour, le marché mondial du MEH – de la dynamo de bicyclette et de la mini-radio transistor à manivelle aux distributeurs de tickets de parking solaires – est encore réduit. Selon le service métier américain IDTechE, il y va de quelques centaines de millions d’euros par an. Mais les signes avant-coureurs d’un boom se multiplient. Selon des prévisions récentes, le marché pourrait représenter 2,1 milliards d’euros dans dix ans. La plus grande partie en reviendrait à des produits totalement nouveaux – comme des semelles de chaussures fournissant le courant des téléphones portables, des vestes et des pantalons diffusant de l’énergie, des interrupteurs sans fil et sans piles, des dynamos de voiture utilisant la chaleur émise par le pot d’échappement ou des détecteurs de vibration s’autoalimentant sur les ponts ou les gratte-ciel.

Les projets allemands d’Energy Harvesting

Dans son « Foresight-Prozess », le ministère fédéral de la Recherche a classé l’Energy Harvesting comme l’un des huit domaines technologiques qui pourraient s’avérer déterminants au cours de cette décennie et doivent donc être mieux soutenus. Toute une série de groupes de recherche et d’entreprises industrielles allemands travaillent déjà sur des projets concrets dans ce domaine. A l’Albert-Ludwigs-Universität à Freiburg, une équipe élabore actuellement des baskets réagissant à la pression et pouvant faire fonctionner un  oxymètre de pouls ou un chronomètre. L’Institut Fraunhofer d’électronique organique et de technique du plasma et des rayonnements électroniques (FEP) à Dresde se penche sur l’amélioration et la miniaturisation de système piezzo-électriques qui tirent du courant des vibrations. Mais des entreprises renommées comme Bosch ont elles aussi compris l’importance du MEH. Udo Gomez, le directeur du développement chez Sensortec, une filiale de Bosch, explique son approche : « L’objectif est de construire des produits qui soient capables de produire eux-mêmes l’énergie dont ils ont besoin. »

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