La Journée mondiale contre la traite humaine

En 2013, les Nations Unies ont créé la Journée mondiale contre la traite humaine. Une brève interview sur l’importance de cette journée avec Silke Albert du Bureau des Nations Unies de lutte contre la drogue et la criminalité.

dpa/Paul Zinken - human trafficking

Mme Albert, qu’est-ce que les « journées mondiales » peuvent changer ?

Les journées mondiales ont une importance déterminante car elles focalisent les mesures de sensibilisation. Une date déterminée donne aux gouvernements et aux organisations internationales et de la société civile l’opportunité de toucher plus de gens avec leur message. Les Nations Unies ont lancé par exemple une campagne numérique performante avec le hashtag #igivehope : elle invite les gens sur les réseaux sociaux du monde entier à se solidariser avec les victimes de la traite humaine. Ils montrent et partagent les photos d’un cœur formé par les doigts symbolisant l’amour, l’amitié et l’aide. Ce cœur redonne aux victimes de la traite humaine ce qu’on leur a enlevé, l’espoir.

En 2013, l’Office criminel fédéral (BKA) a mené à terme 425 informations judiciaires en Allemagne sur la traite humaine à des fins d’exploitation sexuelle. Au premier abord, ce chiffre semble faible. Pourquoi cette problématique est-elle aussi sensible ?

Même les institutions comme le BKA qui disposent de très bonnes statistiques reconnaissent qu’elles ne montrent que la pointe de l‘iceberg. Nombre de cas de traites humaines ne sont pas découverts. Il y a nombre de raisons à cela. Dans certains pays, la traite humaine n’est toujours pas poursuivie ; dans d’autres, la traite humaine permettant l’exploitation sexuelle ou le prélèvement d’organes n’est pas passible de poursuites. Les victimes de la traite humaine ne sont souvent pas en mesure de s’adresser aux pouvoirs publics car elles craignent les représailles des auteurs de la traite ou séjournent illégalement dans le pays « hôte ». Cela fait le jeu des criminels : ils ne prennent que peu de risques et espèrent retirer un profit maximum. La traite humaine vit des bénéfices de cette exploitation.

Que demandent les Nations Unies ?

Les pays membres des Nations Unies, dont l’Allemagne, ont adopté en décembre 2000 un accord international pour lutter contre la traite humaine, le Protocole sur la prévention, la lutte et la répression de la traite humaine, et notamment celle des femmes et des enfants. Il contient les grands traits d’une réponse exhaustive au phénomène de la traite humaine. Nombre de pays sont déjà très avancés dans la réforme de leur législation. Mais il reste encore beaucoup à faire pour l’assistance et la protection des victimes, pour les poursuites pénales et les mesures de prévention que les pays signataires se sont engagés à réaliser.

Journée mondiale contre la traite humaine le 30 juillet 2015

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