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Le Pavillon allemand se transforme en Plattenbau

Le Pavillon allemand à Venise a pu être achevé, malgré le décès soudain de l’artiste Henrike Naumann. Voici ce qui se cache, à présent, derrière des millions de tesselles de mosaïque.

06.05.2026
Le Pavillon allemand 2026, conçu par les artistes Sung Tieu et Henrike Naumann
Le Pavillon allemand 2026, conçu par les artistes Sung Tieu et Henrike Naumann © Andrea Rossetti/ ifa – Institut für Auslandsbeziehungen

Venise (dpa) – Le Pavillon allemand de la Biennale d’art de Venise prend l’apparence, cette année, d’un Plattenbau (immeuble préfabriqué typique de l’ex RDA). Pour la commissaire Kathleen Reinhardt, ce bâtiment « s’inscrit dans le cadre d’une Biennale hautement politique à laquelle nous nous attendons ici ». Il a été conçu par les artistes Sung Tieu et Henrike Naumann. Cette dernière est décédée de manière inattendue en février, à l’âge de 41 ans, des suites d’un cancer.

Reinhardt a déclaré que ces deux artistes permettaient, pour la première fois, d’entendre au sein du Pavillon des voix est-allemandes et issues de l’immigration est-allemande s’exprimer avec une telle profondeur et une telle véhémence. C’est avec l’image d’un Plattenbau berlinois, dans lequel elle a vécu en tant qu’enfant dans les années 1990, que Tieu a recouvert le bâtiment de 1938, « cette architecture fasciste sur laquelle beaucoup se sont déjà penchés ». Elle a utilisé pour cela plus de trois millions de tesselles.

Avant la réunification, le bâtiment de la Gehrenseestraße était l’un des plus grands complexes d’habitation pour les travailleurs vietnamiens sous contrat ; après la réunification, il a aussi été considéré comme un ghetto. Ce bâtiment fait également partie de l’histoire de la gentrification de Berlin, ses ruines ayant changé plusieurs fois de propriétaire et attiré des investisseurs.