DE interviewe le designer Rolf Sachs

« Typisch deutsch? » (Typiquement allemand?) – l’exposition du designer Rolf Sachs au Musée des arts appliqués de Cologne joue avec les clichés.

picture-alliance/dpa - Rolf  Sachs
picture-alliance/dpa - Rolf Sachs picture-alliance/dpa - Rolf Sachs

Un nain de jardin s’installe au Musée des arts appliqués à Cologne, le MAKK. Le symbole du petit-bourgeois allemand – artistiquement transformé – fait partie de l’exposition « Typisch deutsch? » du designer Rolf Sachs. Le fils du collectionneur d’art et héritier d’un empire industriel Gunter Sachs jette un regard singulier sur l’Allemagne.

M. Sachs, dans votre exposition, les œuvres sont intitulées « Ponctualité », « Assiduité » ou encore « Propreté ». Le point d’interrogation dans le titre de l’exposition permet d’espérer qu’ils ne sont pas à prendre au sérieux.

Je considère tout d’abord ces qualités de manière positive mais, naturellement, avec une certaine ironie. Ce sont des clichés mais ils sont parfois justes ; c’est l’une des raisons pour laquelle le pays fonctionne si bien. J’ai surtout vécu à l’étranger et remarqué comment la réputation de l’Allemagne devenait toujours plus positive. L’Allemagne a l’un des fondements les plus stables en matière de formation et le pays a beaucoup apporté dans l’art et les sciences. Sa puissance économique est un vecteur important de l’Europe.

Partez-vous sur les traces de vos origines avec cette exposition ?

Peut-être. Je suis moitié français, moitié allemand ; j’ai grandi en Suisse et vis aujourd’hui à Londres. Je me sens Européen mais la langue de ma créativité, c’est l’allemand, comme dans mon nom de famille.

Vous avez passé une partie de votre enfance en Allemagne. Dans quelle mesure cette enfance était-elle « allemande » ?

J’ai une forte base allemande parce que ma mère est décédée jeune. J’ai alors vécu chez ma grand-mère qui était très allemande : chaleureuse mais sévère et disciplinée.

Si vous étiez resté en Allemagne, auriez-vous pu exprimer votre créativité aussi bien qu’à Londres ?

Je pense car l’important, c’est un environnement urbain. Londres m’attirait à l’époque et me plaît toujours autant. Mais Berlin est aussi un lieu créatif international, quoique la créativité ne dépende pas seulement du lieu.

Dans votre exposition, on trouve un objet intitulé « Nostalgie » ...

Il y va là du cœur et de la tête. Le rationnel est certainement plus présent en Allemagne mais le mélange est intéressant, le fait que nous ayons ces deux aspects en nous.

La tête et le cœur, la créativité, un pays de formation– sont-ce vraiment ces aspects que les Londoniens, par exemple, associent aujourd’hui à l’Allemagne ?

Non, bien sûr. Mais j’aimerais contribuer à ce que cela change un peu avec cette exposition.

Ne faudrait-il pas mieux montrer cette exposition en Angleterre ?

J’aimerais beaucoup la présenter en Angleterre, et j’espère y parvenir.

Exposition « Typisch deutsch? » au Musée des arts appliqués de Cologne, du 14 janvier au 20 avril 2014

www.rolfsachs.com

www.museenkoeln.de/makk

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