Miracle de l'emploi en Afrique

L'industrie textile est en plein boom en Éthiopie, et ce en partie grâce à des entreprises allemandes.

Des ouvrières dans une usine de textile moderne à Addis-Abeba
Des ouvrières dans une usine de textile moderne à Addis-Abeba dpa

Allemagne. „L'industrie textile est en plein boom en Éthiopie“, peut-on lire dans le dernier numéro d'“akzente“, le magazine édité par l'Agence allemande de coopération internationale pour le développement (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit, GIZ). On y apprend notamment que 350.000 emplois doivent être créés en Éthiopie d'ici à 2022 et que le gouvernement éthiopien fait construire des parcs industriels à cet effet. « À Hawessa, une ville de 300.000 habitants située environ à 270 kilomètres au sud de la capitale du pays, Addis-Abeba, ce plan fonctionne déjà très bien : 18 entreprises textiles internationales s'y sont   implantées, ce qui a permis de créer 20.000 emplois. »

Tchibo est l'une des premières entreprises à s'être implantée en Éthiopie. Le torréfacteur basé à Hambourg est devenu ces dernières années le troisième fournisseur mondial de coton biologique. De nombreux articles portant sur l'engagement de Tchibo en Afrique sont à découvrir sur le site internet de l'entreprise allemande, comme le portrait de la directrice Kokobe Urga. Cette jeune femme sans diplôme est parvenue à se hisser à la tête d'un département employant 200 personnes au sein de l'entreprise Ayka Addis Textile, basée dans la capitale éthiopienne.

Selon Tchibo, 6.000 employés du fournisseur Ayka Addis Textile fabriquent des vêtements pour l'entreprise allemande. Le coton égrainé est filé sur place, tricoté, teinté, utilisé pour coudre des vêtements et emballé. Tchibo a aidé cette entreprise locale à devenir la première entreprise éthiopienne à mettre en place des conditions de travail équitable dès le départ. En plus des possibilités de carrière qu'elle offre aux ouvrières du textile, Ayka est dotée d'un syndicat et met à disposition des employées un repas gratuit à midi, un service de transport gratuit pour se rendre à l'usine ainsi qu'une assistance médicale de base sur le site de l'usine. 

Nous croyons en l'avenir de l'Afrique

Patrick Zahn, CEO de KiK

L'entreprise textile allemande KiK s'engage elle aussi en Éthiopie, mais pour d'autres raisons. En raison de l'augmentation de la demande, l'entreprise est à la recherche de nouveaux marchés de production en dehors de l'Asie. En 2017, le discounter du textile a multiplié par quatre ses volumes d'achat en Afrique, en important près de 12 millions de T-shirts, leggings, jeans et vestes softshell d'Éthiopie, du Rwanda, du Kenya et d'Égypte. 2.000 ouvrières du textiles ont reçu une formation pour pouvoir fabriquer des produits correspondants aux normes de l'entreprise. Patrick Zahn, le CEO de KiK, explique que l'engagement de son entreprise en Afrique est également motivé par l'intention d'encourager les gens à rester en Afrique : « Nous croyons en l'avenir du continent africain et nous considérons qu'il est de notre responsabilité de soutenir le « Marshall Plan with Africa » du gouvernement allemand », indique Patrick Zahn.

Le boom économique que connaît actuellement l'Éthiopie est lié à différents facteurs. D'une part, les salaires ont nettement augmenté dans les pays asiatiques. C'est notamment le cas en  Chine. De l'autre, les employeurs apprécient le fait que l'Éthiopie soit riche d'une longue tradition dans le domaine de la production textile, qu'il s'agisse du tissage traditionnel ou de la fabrication industrielle. Autres facteurs déterminants : les coups énergétiques sont peu élevés en Éthiopie, l'acheminement des marchandises vers l'Europe est rapide et la situation politique du pays est stable.

Bien que les vêtements fabriqués en Éthiopie ne représentent actuellement que 0,01 pour cent des exports mondiaux, cette branche connaît une croissance rapide. Selon une enquête de l'entreprise de conseil McKinsey menée auprès de 40 entreprises textiles, près d'une sur trois prévoit de délocaliser une partie de sa production en Éthiopie au cours des cinq prochaines années. L'Agence allemande de coopération internationale pour le développement (GIZ) a été mandatée par le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung, BMZ) pour soutenir cette évolution. Elle dispose d'un budget de quatre millions d'euros sur trois ans afin d'aider les entreprises de l'industrie textile et du vêtement à mieux répondre aux besoins des marchés internationaux, notamment en améliorant leurs standards sociaux et environnementaux.

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