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Sécurité de l’eau : « Aucun pays ne peut y arriver seul »

Fortes pluies, inondations ou sécheresses : des chercheurs internationaux comme Kaushal Chapagain de l’ABCD-Centre travaillent à des solutions pour la sécurité de l’eau.

Interview: Birk Grüling, 16.03.2026
Des mains souillées et un robinet qui ne donne pas d’eau
La pénurie d’eau est un des enjeux auxquels fait face l’agriculture. © stock.adobe.com/panadda

À l’échelle internationale, l’approvisionnement en eau est menacé par des conditions climatiques extrêmes et la dégradation des écosystèmes. Au sein du Global Water and Climate Adaptation Centre (ABCD-Centre), une initiative de l’Office allemand d'échanges universitaires (DAAD), une équipe internationale de chercheurs imaginent des solutions aux inondations et aux sécheresses. L’un d’eux est Kaushal Chapagain.

À propos de la personne

Le chercheur Kaushal Chapagain
Kaushal Chapagain
© privat

L’ingénieur en environnement Kaushal Chapagain travaille pour l’Asian Institute of Technology à Bangkok, qui fait partie de l’ABCD-Centre. Ses thématiques de recherche : la sécurité de l’eau et l’interdépendance entre eau, énergie et alimentation.

Monsieur Chapagain, quelles sont les principales missions de l’ABCD-Centre ?

Nous cherchons à répondre aux enjeux globaux que représente lasécurité de l’eau et nous travaillons à des solutions d’ajustement aux changements climatiques. Nous misons sur la recherche, l’enseignement et le transfert de connaissances pratiques. Nos ateliers réunissent par exemple chercheurs et autorités gouvernementales. Ces derniers réfléchissent à des idées pour répondre aux enjeux locaux et régionaux, notamment en matière de gestion urbaine de l’eau, de risques d’inondations, de prévention des sécheresses ou encore de protection des littoraux. Avec le cursus de Master international « Water Security and Global Change », nous formons les spécialistes de l’eau de demain.

Comment se passent les échanges entre les chercheurs, les politiques locaux et l’administration ?

Les nouveaux résultats de recherche doivent être très rapidement pris en compte dans les politiques et dans la pratique ! Je prends souvent l’exemple d’un atelier à Cebu aux Philippines. La ville doit faire face à des typhons et à leurs conséquences, entre inondations ou interruptions de l’approvisionnement en eau. En novembre 2025 s’est tenue une réunion d’autorités gouvernementales, de compagnies des eaux, d’ONG et de chercheurs. Un plan d’action commun a été alors mis en place. La protection des littoraux naturels doit notamment être renforcée par la restauration des mangroves. Le ministère compétent a également créé sa propre unité dédiée à la question des ressources en eau, ainsi qu’un organisme pour la régulation des eaux.

En quoi les problèmes locaux liés à l’eau nécessitent-ils une vision globale ?

La garantie de l’approvisionnement en eau et l’adaptation au changement climatique sont des enjeux globaux qui ne sauraient être gérés par un seul pays. Il est essentiel de rassembler des expériences et des idées de diverses régions afin adapter des solutions éprouvées aux conditions régionales. En outre, les réseaux internationaux trouvent un écho plus conséquent dans les débats globaux.

Quel rôle jouent les universités allemandes dans le cadre de cette coopération ?

L’ABCD-Centre bénéficie de l’expertise des chercheurs de l’Université technique de Dresde et de l’École supérieure polytechnique de Rhénanie-Westphalie, par exemple pour la modélisation des inondations ou pour les systèmes urbains d’approvisionnement en eau. Les échanges sont intenses entre les chercheurs et les étudiants des pays du Sud et de l’Allemagne.