Le Traité 2 + 4

Le 12 septembre 1990, les ministres des Affaires étrangères de la République fédérale, de la RDA, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Russie et des Etats-Unis signaient le traité qui scellait la réunification allemande au niveau international.

dpa/akg-images - Two Plus Four Treaty

On ne savait pas jusqu’au bout si le traité serait conclu. Il fallait répondre à des questions délicates : l‘Allemagne réunifiée devait-elle être membre de l’Otan ? Que feraient les troupes soviétiques encore stationnées en Allemagne de l’Est ? Malgré la joie de la réunification, les voisins européens de l’Allemagne regardaient avec inquiétude la nouvelle grande puissance dans la région. L’Allemagne respecterait-elle leurs frontières ?

Entre mai et septembre 1990, les ministres des Affaires étrangères de la République fédérale, de la RDA, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Russie et des Etats-Unis discutaient sans cesse de ces aspects et parvinrent à un accord après de longues négociations. Le 12 septembre 1990, ils signaient à Moscou le Traité 2 +4, nommé ainsi d’après le nombre de pays y ayant contribué. Le 1er octobre 1990, les quatre puissances vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale renonçaient dans une déclaration commune à leurs droits sur l’Allemagne, lui redonnant ainsi sa pleine souveraineté. Le 15 mars 1991, le Traité 2+4 entrait en vigueur. Il était le pendant en politique étrangère du Traité d’unification entre la République fédérale et la RDA.

L’Allemagne réunifiée, membre de l’Otan

Le Traité 2+4 prévoyait entre autres que l’Allemagne réunifiée serait elle aussi membre de l’Otan. D’ici à la fin 1994, les troupes soviétiques devaient quitter l’Allemagne de l’Est. Les troupes allemandes appartenant à l’Otan pouvaient ensuite être stationnées en Allemagne de l’Est, mais plus aucune troupe étrangère. La Bundeswehr fut réduite à 370.000 soldats. Et la République fédérale renonçait aux armes nucléaires, biologiques et chimiques.

L’Allemagne garantissait aussi l’inviolabilité des frontières existantes. La Pologne, notamment, avait insisté sur cette garantie. La « question Oder-Neisse » fut réglée dans un traité particulier mais se retrouve aussi dans le Traité 2+4. L’article 1, déjà, déclare à propos de l’Allemagne unifiée : « Ses frontières extérieures seront les frontières de la République démocratique allemande et de la République fédérale allemande et deviendront définitives avec l’entrée en vigueur de ce Traité. La confirmation du caractère définitif des frontières de l’Allemagne réunifiée est une composante essentielle de l’ordre de paix en Europe. »

En 2011, l’UNESCO a inscrit le Traité 2+4 au patrimoine mondial « Memory of the World ».  Ce réseau numérique couvrant le monde entier réunit des documents éminents de l’histoire contemporaine.

www.dhm.de/lemo

www.bundesregierung.de

© www.deutschland.de