Dans l’intérêt de l‘Europe

Ce que le Pacte de l’ONU sur les migrations signifie vraiment pour l’Europe.

Le pacte de l’ONU sur les migrations : pour une immigration sûre et régulée
Le pacte de l’ONU sur les migrations : pour une immigration sûre et régulée dpa

On ne s’y attendait pas : avant même d’être accepté lors de la conférence au sommet des Nations unies (ONU) à Marrakech, un violent débat a éclaté en Europe sur le Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnées et régulée. Sa véhémence a surpris les négociateurs, les diplomates et les députés des commissions compétentes.

Quand on lit ce document de 24 pages, on n’y trouve pas d’argument soutenant les critiques estimant que le pacte attirera plus de migrants en Europe. Il parle, au contraire, d’une « répartition prévisible et équilibrée des charges et des responsabilités » entre tous les pays membres de l’ONU. L’objectif est de « réduire la pression sur les pays d’accueil » et de créer « les conditions d’un retour dans la dignité et la sécurité ». A une époque où plus de personnes que jamais migrent, le pacte sur les migrations de l’ONU aide à formuler un principe directeur pour une migration régulée avec lequel les pays d’origine, les pays de transit et les pays d’accueil uniront leurs efforts.

Bien que les chefs d’Etat et de gouvernement aient adopté ces objectifs à l’unanimité lors de différents sommets, des pays de l’UE comme l’Autriche, l’Italie, la Hongrie, la Tchéquie, la Bulgarie et la Slovaquie ont refusé de soutenir le pacte à Marrakech.

Que signifie le pacte de l’ONU sur les migrations pour l’UE ?

De grands représentants de l’UE ont approuvé le document. Christos Stylianidis, le commissaire européen chargé de l’aide humanitaire, a déclaré en novembre devant le Parlement européen que le pacte est « le meilleur instrument pour gérer les migrations et œuvrer à une solution globale du problème ».

Le pacte de l’ONU sur les migrations n’est juridiquement pas contraignant mais, si les près de 200 pays signataires se conforment à ce principe directeur pour les migrations, cela pourrait avoir un impact direct sur l’Europe. Les signataires s’accordent sur des standards minimums pour les soins de santé, l’éducation et la prise en charge matérielle des travailleurs migrants et des personnes fuyant leur pas. Ces passages ne se réfèrent pas aux pays d’accueil classiques comme l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas car ces standards y existent déjà. Ils visent plutôt les pays d’accueil en Asie et en Afrique. Si les migrants y vivaient et travaillaient dans de meilleures conditions, l’effet d’appel de l’Europe diminuerait.

Le différend au sein de l’UE ne porte pas sur le sujet

Pour les Européens, la controverse sur le pacte de l’ONU sur les migrations a plus de conséquences au niveau politique. La fissure qui traverse l’UE sur la politique des migrants s’est encore élargie. Des pays comme la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie – qui avaient déjà refusé d’accueillir des migrants échoués en Italie et en Grèce, deux pays particulièrement touchés par les migrations, lors la crise migratoire de 2015 – refusent également le pacte sur les migrations. Le différend, déjà ancien, au sein de l’UE a éclaté sur la répartition des migrants au sein de la communauté des Etats. Or le texte du pacte de l’ONU sur les migrations ne l’évoque pas. De longs passages abordent en revanche la lutte contre les causes des migrations, le dialogue avec l’Afrique et le soutien au retour des migrants dans leurs pays d’origine. Ces sont des objectifs sur lesquels les Européens sont d’accord. Mais, avec le différend, on en perd conscience.

A ce jour, les partenaires européens n’œuvrent pas tous dans le même sens quant au pacte de l’ONU sur les migrations. Les pays membres qui le refusent affaiblissent le poids de l’Europe dans le monde. Pourtant, avec son approche multilatérale, le pacte développe l’idée même sur laquelle se fonde l’UE : l’idée selon laquelle nombre de défis sont trop important pour que les Etats-nations puissent seuls les relever.

© www.deutschland.de/fr

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