Protéger les droits des migrants

Des politiciens du monde entier se rencontrent au Mexique pour débattre d’un pacte sur les migrations. L’Allemagne donne d’importantes impulsions.

« Global Compact for Migration » : recherche de voies pour une migration sûre et légale.
Recherche de voies pour une migration sûre et légale. dpa

Pour des millions de migrants, par exemple pour les travailleurs migrants, il n’y a pas de droits internationaux de protection. Une nouvelle réglementation internationale, le « Global Compact for Migration » doit renforcer leurs droits. Lors d’une rencontre au Mexique, il s’agit d’une nouvelle étape. L’Allemagne y joue un rôle important : en 2017/2018, en collaboration avec le Maroc, elle y préside le Forum Mondial sur la Migration et le Développement (FFMD). Une interview de Maria Margarete Gosse, déléguée du ministère fédéral des Affaires étrangères pour le domaine légal et consulaire, y compris pour les questions relatives à la migration.

Où en sommes-nous en ce qui concerne un pacte mondial pour les migrations ?

En septembre 2016, les Nations unies, dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, ont décidé de négocier deux pactes mondiaux : l’un pour les réfugiés et un autre pour les migrations. Le pacte pour les migrations doit servir de base pour une coopération mondiale complète et aborder tous les aspects des migrations mondiales. De nombreuses consultations ont eu lieu jusqu’en octobre 2017 sur les sujets des droits de l’homme, des causes des migrations, de la coopération internationale, du développement durable, de la traite des êtres humains, de la migration légale et de la mobilité professionnelle. Lors d’une conférence au Mexique en décembre 2017,  les contributions à ces rencontres seront rassemblées. On établira ensuite un premier projet du pacte. Jusqu’en 201, on négociera sur cette base. Le document devra alors être approuvé lors d’une conférence.

Le pacte doit faciliter pour les personnes la migration et la mobilité conformes aux règles, en toute sécurité et responsabilité.

Maria Margarete Gosse, ministère fédéral des Affaires étrangères

Quelle est la contribution de l’Allemagne ?

Lors des séances et l’échange avec la société civile et les organisations internationales, nous intervenons avec les priorités et les points de vue allemands. Pour nous, les sujets importants sont la diminution de la migration clandestine, le renforcement des voies de migration légales existantes, le respect du droit d’asile, une meilleure coopération interétatique, des mécanismes pour le contrôle d’application du pacte et le statut du document lui-même. Le pacte doit être une forte manifestation de volonté politique de tous les Etats afin de faciliter, par un partenariat de coopération interétatique, pour les personnes, la migration et la mobilité conformes aux règles, en toute sécurité et responsabilité. 

Quel rôle joue le Forum mondial sur la Migration et le Développement avec la présidence germano-marocaine en 2017/2018 ?

Le FFMD veut faire avancer l’accord en utilisant des modèles d’accord mondial, par exemple dans le cadre de partenariats migratoires. Le Forum a d’ailleurs apporté une contribution substantielle au pacte. Il représente plus d’une décennie de débats et de partenariats avec le FFMD dans différentes régions du monde. Le Forum pourrait aussi, après adoption du document, servir de plate-forme pour les échanges et les partenariats entre les Etats, la société civile et le secteur privé. Cela permettrait une approche de toute la société pour sa mise en œuvre.

Interview: Helen Sibum

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