E6_Duerrekatastrophe_Mosambik

Deutsche Welthungerhilfe in Mosambik

Des semences et de la nourriture pour les victimes d’inondations

Le Mozambique est victime de catastrophes naturelles dramatiques. La République fédérale d’Allemagne apporte une aide aux plus nécessiteux.
par Constanze Bandowski

Dès les premières heures du matin, il règne une activité intense sur la place du village de Mussassa. Près de 500 victimes d’inondation sont rassemblées à l’ombre du grand marula. La plupart sont des femmes. C’est un jour exceptionnel pour elles : les veuves, les  mères qui élèvent seules leurs enfants et d’autres personnes particulièrement dans le besoin reçoivent un bon pour des semences et des petits outils de jardinage. Le ministère fédéral des Affaires étrangères finance ce marché inhabituel, organisé par l’association allemande de lutte contre la faim Deutsche Welthungerhilfe et son partenaire mozambicain AJOAGO (Asociação dos Jovenes e Amigos de Goruro).

© Deutsche Welthungerhilfe

Fatima Mubango fait partie des personnes qui attendent. Cette veuve de 45 ans a perdu en février 2017 tout ce qu’elle possédait, après le passage du cyclone Dineao qui a inondé l’ensemble du quartier de Mambone dans le nord de la province d’Inhambane. « J’avais tout perdu » explique cette mère de cinq enfants dont le mari est mort du sida il y a quelques années. Sa hutte a été détruite, le champ de maïs dévasté et les poules avaient disparu. Entre-temps, elle reprend espoir : Fatima Mubango a déjà obtenu trois fois des bons pour des aliments de base avec lesquels elle peut nourrir sa famille. Après que sa récolte principale de maïs et de haricots a péri, elle peut aujourd’hui se procurer des graines de légumes d’une valeur de 45 euros pour la basse saison. Sur un champ commun, elle a appris avec d’autres participantes au projet comment cultiver des légumes de façon durable. « Avant, nous ne cultivions presque pas de légumes et si on le faisait, on jetait les graines n’importe comment » déclare cette très mince petite agricultrice. Maintenant, elle sait comment ensemencer correctement ses planches et protéger le sol de la sécheresse. Comme plus de deux millions de Mozambicains, elle est victime non seulement des suites des inondations mais aussi de l’extrême sécheresse provoquée par le phénomène climatique El Niño.

Pour le marché des semences, des commerçants sélectionnés dressent leur stand en plein air : l’offre comprend différentes graines d’oignons, de tomates, de choux, de salades, de concombres, de poivrons et d’autres sortes de légumes mais aussi des binettes, des faucilles, des seaux, des arrosoirs et des bottes en caoutchouc. Les prix ont été négociés auparavant par la Welthungerhilfe avec l’administration locale afin qu’il n’y ait pas d’abus et que les personnes dans le besoin paient des prix raisonnables malgré leur éloignement des centres économiques du pays.

Chaque bénéficiaire obtient un carnet de bons pour un montant total de 3 000 meticais, ce qui représente actuellement environ 45 euros. Pour cela, les collaborateurs du projet appellent chaque personne figurant sur de longues listes. Les bénéficiaires confirment avoir obtenu des bons en apposant une empreinte digitale ou une signature, puis il vont faire leurs achats. Des volontaires les aident à calculer, négocier et à porter les achats. Le projet se charge également du transport dans des lieux éloignés ou pour les malades ou les personnes handicapées.

« L’avantage de ce système de bons est que les personnes peuvent choisir elles-mêmes ce dont elles ont besoin » explique Caroline Peyer qui va bientôt quitter ses fonction de directrice locale de Welthungerhilfe. « Cela leur rend un peu de dignité et elles ne se sentent plus comme des mendiants ou des assistés. De plus, cela relance l’économie locale et toute la région en profite. » C’est le cas en particulier pour les semences : alors que les bons pour des aliments ont apporté une première aide, les semences représentent un investissement dans l’avenir.

« L’aide humanitaire accordée par le ministère fédéral des Affaires étrangères via Welthungerhilfe est arrivée juste au bon moment pour éviter une tragédie humaine » a déclaré l’ambassadeur allemand Detlev Wolter lors de sa visite à Mussassa. « Cette aide urgente aide les personnes concernées à couvrir leurs besoins en aliments de base, aussi bien pendant la sécheresse que lors des inondations qui y ont fait suite. Le pays dispose de terres fertiles mais il faut augmenter encore la capacité à gérer les catastrophes naturelles. C’est pourquoi, en plus de la réaction aux catastrophes, la prévention des crises, l’alerte et l’adaptation au changement climatique sont en tête de liste des priorités de l’aide humanitaire allemande et de l’engagement en matière de politique de développement au Mozambique. »

par Constanze Bandowski

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