Pour une Europe des citoyens

La chancelière Angela Merkel répond aux questions lors d’un dialogue avec les citoyens et décrit ce que l’Europe signifie pour elle.

 

La chancelière Angela Merkel
La chancelière Angela Merkel Dominik Butzmann/laif

Un dialogue avec les citoyennes et les citoyens ? Des échanges d’égal à égal ? Peut-on l’attendre d’une manifestation où la chancelière invite à parler ? La question apparaît lorsque, en ce début d’automne à Hanovre, on attend la venue de la cheffe du gouvernement allemand. Une atmosphère tendue règne au siège du sous-traitant automobile Continental lorsque la chancelière arrive. Un cortège de collaborateurs et d’agents de sécurité accompagne Angela  Merkel. Les photos officielles des poignées de mains sont vite faites, puis la chancelière se tient devant un groupe composé surtout de jeunes et dit : « Il nous faut d’abord écouter quelqu’un travaillant au projet. »  

À Hanovre, le groupe découvre une chancelière qui ne craint pas les contacts avec le public : à la fois détendue et concentrée, Angela Merkel est venue pour écouter – et pour discuter. Et cela pas seulement à Hanovre, des dialogues avec les citoyens ont déjà eu lieu avec Mme Merkel à Berlin et à Iéna sous la devise « Sprechen wir über Europa » (Parlons de l’Europe). Le « projet » dont elle souhaite en savoir plus à Hanovre, est baptisé « Experien­cing Europe » et relève d’une initiative de Continental. Aujourd’hui, huit entreprises participantes proposent des stages en Europe à de jeunes Allemands. « Nous voulons proposer des perspectives professionnelles inconnues tout en faisant apprécier l’Europe », dit la directrice des relations humaines chez Continental, Ariane Reinhart. « Cela fonctionne bien lorsque les gens font une expérience personnelle de l’Europe et rencontrent des Européens. » La majorité des jeunes présents à Hanovre peut parler de cette expérience.

In vier Städten beantwortete die Regierungschefin zahlreiche Fragen im direkten Gespräch
Presse- und Informationsamt der Bundesregierung

« Je ne connaissais pas l’Europe », dit timidement un jeune homme qui a fait des stages chez Continental en Hongrie et en Roumanie. Il a été surpris par la modernisation technique très avancée dans les deux pays. Une autre participante à « Experiencing Europe » décrit son séjour en Roumanie et dit que la différence des salaires en Europe l’inquiète. Le Brexit préoccupe nombre de jeunes, ainsi que leur crainte que la solidarité européenne ne s’effrite. Comment cela va-t-il se passer demain entre l’Union européenne et la Grande-Bretagne ? « Amicalement, le plus étroitement possible et aussi étroitement que les Britanniques le souhaitent », répond la chancelière.

Solidarité et cohésion

Le dialogue du gouvernement fédéral avec les citoyens ne peut pas résoudre les problèmes de l’Union européenne. Mais il illustre une politique qui ne se suffit pas à elle-même et recherche les échanges avec la population. Les questions sur l’unité de l’Europe étaient au cœur des manifestations du ministère allemand des Affaires étrangères. Comment rendre l’Union économique et monétaire résistante aux crises ? Comment l’Europe peut-elle aborder solidairement le problème des réfugiés et des migrants ? Comment la Politique étrangère et de sécurité commune peut-elle réussir ? La chancelière évoque elle aussi les grandes questions quand on l’interpelle sur les valeurs européennes.

Le continent de la tolérance

« La démocratie, c’est plus que d’aller voter et qu’un parti l’emporte, dit Mme Merkel. La démocratie signifie que les minorités ont des droits, que les tribunaux sont indépendants et que la presse est elle aussi indépendante. » Pour Mme Merkel, l’Europe est « un continent de la tolérance » qui doit continuer à défendre les libertés qui le caractérisent, de la liberté d’opinion à la liberté de religion.

La chancelière avait déjà abordé les grandes valeurs européennes lors du dialogue avec les citoyens à Iéna. Tous les acteurs dans l’Union européenne doivent également veiller à ne pas « agir à la légère » afin de maintenir la paix. Elle citait à Iéna la coopération franco-allemande comme exemple de projet de paix durable. Mais cette coopération doit aussi être vécue par chaque génération. Rien ne se fait sans engagement.

Des citoyens pris au sérieux

À l’écart des grandes questions, ce sont les nombreuses rencontres entre les personnes qui incarnent la cohésion européenne. Après son bac, Hasan Ilhan, âgé de 20 ans et venu de la Hesse, a interrompu ses études. « Experiencing Europe m’a donné la possibilité de faire mes preuves », dit-il. Il a d’abord fait un stage à Jičín, en République tchèque, puis à Rambouillet près de Paris. Le jeune homme habitait dans la famille de la responsable française des relations humaines de l’entreprise. C’est aussi elle qui a rédigé une lettre de recommandation qui a permis à Hasan Ilhan de postuler avec succès à une formation commerciale à Francfort-sur-le-Main.

Comment a-t-il vécu ce dialogue avec les citoyens ? Hasan Ilhan affirme : « J’ai été très heureux d’être pris autant au sérieux par la chancelière en tant que citoyen ». Les stages qu’il a effectués lui ont donné envie d’en connaître plus, il aimerait découvrir nombre d’autres cultures européennes. La cheffe du gouvernement allemand l’a-t-elle convaincu ? « Je suis persuadé qu’elle s’engage en faveur de l’Europe ».

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