Evoluer ensemble

Stefan est né deux ans avant la chute du Mur. Il a grandi dans une Allemagne réunifiée mais il voit des traces de la division jusqu’à maintenant.

Peinture de Birgit Kinder sur le côté est du Mur de Berlin.
Peinture de Birgit Kinder sur le côté est du Mur de Berlin. dpa

Le Mur n’a jamais joué un rôle particulier dans ma vie. Je suis certes né à Berlin-Est et y ai grandi, pourtant il n’était pas vraiment important pour moi. Pendant mes études à Berlin-Ouest, j’étais toutefois toujours l’« Ossi » (Allemand de l’Est), ce qui me convenait bien. Je me sentais à l’aise dans le rôle du Berlinois prolétaire du Nord-Est de Berlin et il y a toujours un peu de patriotisme local.

L’Ouest établissait des normes, l’Est devait suivre

J’ai l’impression que, après la réunification, l’Ouest a fixé le cap et que l’Est devait suivre. Cela était probablement dû au fait que les Allemands de l’Ouest étaient des citoyens allemands depuis plus longtemps que les Allemands de l’Est. On pourrait penser que, 30 ans plus tard, cela ne joue plus un grand rôle – mais c’est faux.

Pendant les dernières élections régionales, j’ai soutenu mes collègues du parti de gauche en Saxe. On y a assisté au déclin massif d’une bonne infrastructure telle que les lignes ferroviaires dans les zones rurales. Cela irrite les habitants qui se sentent encore laissés pour compte.

La situation politique diffère entre l’Est et l’Ouest

La situation politique est également différente de celle de l’Ouest. Aujourd’hui, nous avons à l’Est beaucoup plus d’électeurs de droite qu’à l’Ouest. Ce n’est bien sûr pas le résultat direct de la chute du Mur mais la période qui a suivi la réunification y a certainement contribué.

Nous devons évoluer ensemble au lieu de montrer aux autres le chemin qui est à suivre

Stefan Böhme, ingénieur

Pour résoudre ces problèmes, les politiciens et les citoyens doivent davantage tenir compte des besoins des Allemands de l’Est. Je trouve que ce serait un bon début d’investir massivement dans l’infrastructure et de veiller à un alignement des inégalités structurelles. Mais nous devons faire beaucoup plus pour, à long temps, surmonter les différences entre l’Ouest et l’Est.

Nous devons évoluer ensemble au lieu de montrer aux autres le chemin qui est à suivre. Je pense que ce n’est que de cette façon que nous pouvons, en Allemagne, parvenir à une véritable unité

Stefan Böhme
Stefan Böhme est né en 1987 à Berlin-Est et s’engage pour le parti de gauche « Die Linke ». En temps qu’ingénieur diplômé, il se prépare à passer cet hiver son master en « système d’énergie renouvelable ».

You would like to receive regular information about Germany?
Subscribe here: