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« La paix ne peut être obtenue que par le dialogue »

L’Allemand Meinolf Schlotmann dirige la composante Police de la mission des Nations unies MINUSS, au Soudan du Sud – pour garantir la protection, la sécurité et la confiance. 

Wolf ZinnWolf Zinn , 02.03.2026
Meinolf Schlotmann, le chef de police de la MINUSS (à droite), lors de la remise d’un véhicule au Service national de police du Soudan du Sud
Meinolf Schlotmann, le chef de police de la MINUSS (à droite), lors de la remise d’un véhicule au Service national de police du Soudan du Sud © Privat

« Lorsque l’on voit la situation sur place, on apprend à devenir humble. Au Soudan du Sud, l’enjeu est la survie pure et simple, alors qu’en Europe centrale, nous nous préoccupons souvent de problèmes de luxe. » Meinolf Schlotmann dit cela avec sobriété – et il sait de quoi il parle. Depuis août 2025, il est le chef de police de la mission de paix des Nations unies MINUSS, au Soudan du Sud. Cet homme de 61 ans coordonne quelque 1 500 policières et policiers de nombreux pays qui conseillent, forment et soutiennent les forces de police locales dans leur travail quotidien. « Face à la situation humanitaire catastrophique, nous nous efforçons de fournir la meilleure aide possible », explique Schlotmann. 
 

Meinolf Schlotmann, lors du briefing du Conseil de sécurité de l’ONU en janvier 2026
Meinolf Schlotmann, lors du briefing du Conseil de sécurité de l’ONU en janvier 2026 © Privat

Une grande souffrance dans la population civile 

Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud est en proie à des violences récurrentes et à l’instabilité politique. Tout tourne autour de la lutte pour le pouvoir entre le camp du président Salva Kiir et celui du chef de l’opposition Riek Machar. À cela s’ajoutent des affrontements armés locaux entre communautés et milices – le plus souvent pour des questions de terres, d’influence et de ressources. L’accord de paix de 2018 était censé mettre fin à la guerre civile et lancer des réformes. Mais son application reste toujours fragile et des combats reprennent régulièrement. « Pour la population civile, tout cela se traduit par de grandes souffrances : violences, déplacements, insécurité et famine. En tant que père de famille, c’est surtout le sort des enfants qui me touche », déclare Schlotmann.

Schlotmann avec des collègues allemandes à Djouba, dans un orphelinat soutenu par l’association « Lachen helfen »
Schlotmann avec des collègues allemandes à Djouba, dans un orphelinat soutenu par l’association « Lachen helfen » © Privat

Un travail policier qui crée des liens 

Le mandat de la MINUSS repose sur quatre piliers : la protection de la population civile, la sécurisation de l’aide humanitaire, le soutien au processus de paix et la promotion des droits humains. Depuis 2011, l’Allemagne participe activement à la mission de paix de la MINUSS à tous les niveaux : civil, militaire et policier. Le travail de la police établit le lien entre notre mission de protection et la relation de confiance que nous gagnons chaque jour dans nos échanges directs avec la population », explique Schlotmann.  

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C’est un travail exigeant : « Cela commence déjà par l’alimentation et le climat, il existe de nombreux risques pour la santé – et bien sûr des différences culturelles », indique Schlotmann ; ce dernier met à profit sa longue expérience acquise lors de missions en Somalie, au Mali, en Afghanistan, au Darfour et au Kosovo. Et c’est précisément là qu’il voit une opportunité : « Les différentes perspectives sont très intéressantes, nous apprenons beaucoup les uns des autres et c’est ensemble que nous trouvons des solutions. »  

Le recul croissant du multilatéralisme et la crise financière qui frappe les Nations unies inquiètent beaucoup Schlotmann. Le chef de police en est convaincu, également en ce qui concerne l’avenir du Soudan du Sud : « La paix ne peut être obtenue que par le dialogue. C’est un processus laborieux, mais il n’y a pas d’autre alternative. »