Quand un État est englouti par la mer – reste-il un État ?
Les États insulaires comme les Tuvalu pourraient bientôt disparaître. La coalition de l’ONU C-SET se penche aussi sur ce que cela signifie du point de vue du droit international.
Qu’est-ce que C-SET ?
La montée du niveau de la mer menace des États insulaires entiers. L’Allemagne et les Tuvalu ont créer ensemble une initiative pour attirer l’attention sur ce sujet. En 2003, ils ont créé auxNation unies, à New York, C-SET, l’abréviation de « Coalition pour la gestion de la montée du niveau de la mer et des menaces existentielles ». « C’est la première coalition dans le contexte de l’ONU qui s’occupe de manière ciblée de la montée du niveau de la mer », déclare Timo Stühm, premier secrétaire pour le Climat et l’Environnement de la représentation permanente de l’Allemagne à l’ONU. Dix autres États – des pays touchés et leurs soutiens – participent à la coalition :
- Antigua-et-Barbuda
- Bangladesch
- Costa Rica
- Danemark
- Malte
- Maroc
- Nouvelle-Zélande
- Palau
- Roumanie
- Corée du Sud
Pourquoi l’Allemagne s’engage-t-elle pour cela ?
« C’est une question de justice climatique, de crédibilité et de solidarité que d’aider les États qui n’ont eux-mêmes pas du tout contribuer aux changement climatique, mais gui en ressentent maintenant particulièrement les effets », explique Timo Stühm. « Et, au final, la montée du niveau de la mer nous concerne aussi en Allemagne, même si ce n’est pas encore dans la même mesure. »
Comment travaille C-SET ?
La coalition organise des sommets et utilise des prises de position et des événements parallèles, notamment lors de la conférence des Nations unies sur l’Océan, pour attirer l’attention sur la menace. C-Set travaille sur quatre thématiques :
- la protection du climat, l’adaptation au climat et la réduction des émissions
- la disponibilité et l’accès aux données et le transfert des connaissances
- les questions de droit international
- la préservation de la culture
Ces sujets seront abordés aussi lors de la réunion de haut niveau de lAssemblée générale de l’ONU sur la montée du niveau de la mer en septembre 2026 à New York. Dans les prochaines semaines, un rapport du secrétaire générale de l’ONU est également attendu sur le sujet.
Quelles questions légales découlent de la montée du niveau de la mer ?
« Il y a un débat intense sur comment le droit international protège les États menacés de disparition », explique Timo Stühm. IL s’agit aussi de la question de ce qu’on appelle la continuité des États : un État peut-il continuer à exister du point de vue du droit international même si son territoire n’existe plus physiquement ou n’est plus habitable ? L’Allemagne représente ici une position progressive, explique Stühm. « Nous partons du principe que cette continuité existe. »
Outre les aspects légaux et politiques, les questions culturelles jouent aussi un rôle. Dans quelle mesure ?
La montée du niveau de la mer menace aussi l’héritage cultuel des pays touchés, notamment aux Tuvalu. L’Institut archéologique allemand aide donc les Tuvalu à numériser son patrimoine culturel matériel et immatériel. Le ministère des Affaires étrangères allemand finance le projet.