Plus vite que le virus
Comment l’institut Bernhard Nocht de médecine tropicale pare mieux le monde pour la prochaine pandémie avec ses partenaires en Afrique.
Une combinaison de protection, des gants bleus et un sommier qui pourrait être nécessaire sous peu. Deux employés se tiennent dehors, devant des bâtiments bas, le sol est humide, l’air clair. Il s’agit de l’un de ces situations dans lesquelles la recherche en santé devient très pratique : fermer la combinaison de protection, ajuster la visière, contrôler les gants et convenir des gestes à effectuer pour que tout fonctionne même en cas de stress. Qui met le lit en position ? Qui prépare l’isolation ? À quels processus recourir quand on accueille un patient avec une suspicion d’infection virale grave comme la fièvre de Lassa ? Des infections qui pourraient avoir de lourdes conséquences – pour les patientes et patients tout comme pour le personnel.
Des équipes de l’institut Bernhard Nocht de médecine tropicale (BNITM) et de l’Irrua Specialist Teaching Hospital au Nigeria coopèrent au sein du projet MEVIN 2.0. L’objectif est de mieux prendre en charge des patientes et patients souffrant d’infections virales hautement dangereuses tout en protégeant le personnel médical. Cela s’applique notamment à la fièvre de Lassa, Ebola ou à de nouveaux virus émergents. MEVIN 2.0 est l’un des six projets que le BNITM met en œuvre avec des partenaires internationaux dans le cadre du Global Health Protection Programme (GHPP). Le ministère allemand de la Santé finance les projets à hauteur de plus de neuf millions d’euros. Ils ont été lancé début 2026 et dureront trois ans.
Sur quoi précisément travaillent les partenaires de projet, quels sont leurs objectifs et qu’ont-ils déjà réussi ? Voici les questions et réponses les plus importantes :
Qu’est-ce que le Global Health Protection Programme (GHPP) – et pourquoi joue-t-il un rôle dans la santé mondiale ?
Depuis 2016, le GHPP soutient des projets dans des pays qui sont souvent concernés par des maladies infectieuses dangereuses. Des chercheurs y construisent des laboratoires, forment le personnel médical et améliorent la détection précoce des foyers épidémiques. Cela est censé permettre d’endiguer plus rapidement les épidémies.
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Ouvrir le formulaire de consentementQu’est-ce que AfroLabNet3 – et quel est le rapport avec la préparation aux pandémies ?
AfroLabNet3 est l’un des projets financés. Il s’attaque à un problème clé : dans de nombreuses régions au sud du Sahara, les ressources et infrastructures limitées rendent difficile une réaction rapide aux foyers épidémiques – surtout à ceux liés à de nouvelles maladies infectieuses. Le projet renforce donc les réseaux régionaux de laboratoires dans les régions à haut risque du Bénin, de la Guinée, du Nigeria et du Sierra Leone et maintient les capacités d’intervention des laboratoires mobiles au niveau le plus actuel pour que les diagnostic soient aussi possible sur place. De plus, AfroLabNet3 étudie comment les virus sont transmis entre les animaux et les humains. Cela a pour but d’améliorer aussi la détection précoce et la prévention.
Comment les agents pathogènes peuvent-ils être identifiés plus rapidement ?
Le projet CELESTA 2.0 augmente les capacités de surveillance génomique. Dans les laboratoires, des chercheurs séquencent les virus et analysent ainsi leur patrimoine génétique. Ils peuvent ainsi identifier plus rapidement les agents pathogènes en cas de foyers épidémiques, les suivre, les surveiller et les caractériser plus précisément – une base importante pour des décisions dans le cadre de la gestion de crise en matière de santé publique. Le projet se concentre sur le Nigeria et la Guinée et travaille en étroite coopération avec des partenaires locaux, notamment l’Irrua Specialist Teaching Hospital au Nigeria, l’Université Gamal Abdel Nasser (UGANC) en Guinée ou des laboratoires en Guinée. Les ministères de la Santé du Nigeria et de la Guinée ainsi qu’une université belge participent également.
Pourquoi la médecine intensive fait partie d’un programme de prévention des foyers épidémiques – comme pour MEVIN 2.0 ?
Parce que la prévention des foyers épidémiques ne s’arrête pas une fois qu’un agent pathogène est identifié en laboratoire. Pour la fièvre de Lassa et d’autres infections virales, els personnes malades peuvent développer de graves complications et avoir besoin d’une prise en charge médicale intensive. MEVIN 2.0 mise donc, en coopération avec l’Irrua Specialist Teaching Hospital (ISTH) au Nigeria, sur la construction de capacités de traitement et se base sur des étapes importantes de la phase précédente du projet : au sein de l’ISTH, par exemple, les partenaires du projet on construit à l’intérieur du service d’isolement un service de soins intensifs dédié à la fièvre de Lassa et équipé d’une technique de surveillance moderne, le tout accompagné de formations et d’un travail sur les directives cliniques. De plus, le projet constitue une troupe d’intervention médicale pouvant travailler dans le monde entier. En cas d’urgence, son but est d’apporter rapidement une expertise clinique dans les régions touchées.
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Ouvrir le formulaire de consentementQuels sont les autres projets ?
Trois autres projets de prévention sont en cours au sein du GHPP :
- Expand-AMR s’intéresse, avec des partenaires au Ghana et en Tanzanie, à la résistance antimicrobienne, à savoir les bactéries qui deviennent insensibles aux antibiotiques. L’équipe observe les schémas de résistance, analyse les résultats des traitements et développe des stratégies pour une prévention plus efficace.
- Les équipes de recherche du projet SMART II étudient au Ghana si les médicaments contre le paludisme perdent de plus en plus en efficacité. Parallèlement, elles étudient le degré de diffusion de la maladie au sein de la population.
- Dans le projet FOR-GHP, des chercheurs et du personnel médical forment les salariés à gérer les épidémies de maladies dans l’Afrique subsaharienne. Pour cela, ils combinent des cours en ligne à des ateliers au Ghana, en Ouganda et en Allemagne et ont recours à des exercices pour l’entraînement aux cas d’urgence.