Lutte conte Ebola : comment l’Allemagne soutient les personnes de l’est du Congo
Ebola se propage à l’est du Congo. Il n’existe aucun vaccin homologué pour l’épidémie actuelle. L’Allemagne apporte son soutient avec les partenaires locaux et des réseaux régionaux.
Le virus Ebola se répand à l’est de la République démocratique du Congo (RD Congo) – dans une région marquée par les conflits, la fuite et un système de santé déjà surchargées. Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé OMS, jusqu’au 11 juin 2026, 676 cas confirmés ont été signalés en RP Congo, 136 personnes sont décédées. Parallèlement, on a enregistré des cas en Ouganda, liés au foyer épidémique de la RD Congo. De point de vue de l’OMS, la situation est particulièrement épineuse, car il s’agit de cas d’Ebola qui sont causés par le virus Bundibugyo – pour lequel il n’existe jusqu’à présent aucun vaccin homologué et aucune thérapie standard spécifique.
« La situation est extrêmement complexe et reste très dynamique », a déclaré le biologiste Norman Nausch de la société allemand de coopération internationale (GIZ), directeur du « groupe d’intervention rapide d’experts en santé » (SEEG) allemand. Vient s’ajouter à cela une lourde situation d’urgence humanitaire à l’est de la RD Congo : selon les informations des Nations unies, 1,2 million de personnes y ont besoin d’aide – beaucoup d’entre elles sont des personnes déplacées à l’intérieur du pays. Le choléra, la rougeole et les maladies diarrhéiques sont répandus et sollicitent encore plus le système de santé.
Du soutien selon un principe clair
Pour les épidémies comme Ebola, la vitesse compte – mais il est tout aussi important d’éviter le travail en double et donc de diriger le soutien là où des lacunes existent. La coordination supérieure de l’aide est confiée à une équipe qui a été convoquée par l’OMS et les autorités de santé africaines. Les organisations comme le SEEG mettent en œuvre les mesures de concert avec des partenaires locaux.
« Le SEEG aide les pays émergents et en voie de développement a réagir plus vite et mieux aux crises sanitaires et aux épidémies de maladies infectieuses », explique Nausch. Le groupe d’expertes et experts a été constitué suite à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest en 2014/2015 et regroupe des institutions allemandes spécialisées. À savoir notamment l’Institut Robert Koch,l’université de médecine de la Charité ainsi que – dans le domaine de la santé vétérinaire – l’institut Friedrich Loeffler et l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale. La GIZ met en œuvre les missions pour le compte du gouvernement fédéral et les accompagne sur le plan technique.
« Notre compétence clé est la mise en place du diagnostic pour pouvoir ne serait-ce que prouver les maladies », explique Nausch. Une détection précoce est particulièrement importante pour bien classer les symptômes et empêcher la diffusion. « Nous développons ces capacités aussi dans les régions voisines pour éviter toute diffusion plus large. »
75 interventions dans 40 pays
Le SEEG travaille sur des missions courtes. Des équipes de quatre à huit expertes et experts soutiennent les partenaires locaux en fonction des besoins. En tout, les équipes ont déjà effectué 75 interventions dans 40 pays. Toutefois, pour ce qui concerne l’épidémie de Ebola actuelle, il est difficile d’envoyer des spécialistes internationaux. « Actuellement, il n’y a pas encore d’expertes et experts allemands dans l’est du Congo », déclaré Nausch – la situation de sécurité dans la région est trop fragile. C’est pourquoi le SEEG apporte son aide depuis l’Allemagne et les pays voisins. « De plus, nous disposons via la GIZ d’un grand réseau auquel nous pouvons avoir recours pour mettre en œuvre des mesures de manière efficace et durable – en étroite concertation avec les personnes sur place », complète Nausch.
Les maladies infectieuses s’accompagnent souvent d’informations erronée et de mythes.
Pour Ebola, la protection du personnel soignant, des médecins et du personnel de laboratoire est l’amorce de toutes les stratégies d’endiguement. « L’un des principaux problèmes avec l’épidémie de Ebola en 2015, c’est qu’au début beaucoup d’employés du secteur de la santé ont été infectés et sont morts. Bien entendu, cela a énormément amplifié le problème », explique Nausch.
C’est pourquoi il est particulièrement important de protéger les médecins, le personnel soignant et le personnel de laboratoire. Le SEEG met à disposition des régions touchées à l’est du Congo des vêtements de protection pour les organismes et établissements de santé, dont les établissements des Caritas.
Par le biais de formations spéciales pour les organismes religieux et les maires, le SEEG aide à sensibiliser la population et les acteurs de la santé à la gestion des infections de type Ebola. « Les maladies infectieuses s’accompagnent souvent d’informations erronée et de mythes », explique Nausch. Un fait que le SEEG cherche à contrer grâce à des campagnes d’information. Dans les pays qui se trouvent potentiellement dans la zone de propagation du virus aussi, le SEEG procède à des mesures de formation et de sensibilisation pour se préparer au pire – notamment en Ouganda, au Kenya et en Tanzanie.