Commencer à étudier virtuellement, continuer en live

Malgré la pandémie du coronavirus : quelles sont les chances de passer un semestre d’études à l’étranger – et quelles alternatives existent ?

Etudier dans les conditions imposées par la pandémie
Etudier dans les conditions imposées par la pandémie AdobeStock

Découvrir d’autres pays, rencontrer des gens intéressants, vivre au quotidien dans un environnement étranger : faire des études ou passer un semestre à l’étranger est une évidence pour nombre de jeunes. Mais la pandémie du coronavirus ne facilite actuellement pas les choses. Six questions et des réponses sur ce qui est possible en Europe.

Actuellement, il est difficile, à cause de la pandémie du coronavirus, de faire l’expérience de l’étranger pendant ses études en Allemagne ou dans un autre pays européen. Où peut-on trouver des conseils en la matière ?

Les facultés ou le Bureau International de son université sont les premiers interlocuteurs. « L’intérêt pour les séjours à l’étranger est intact », constate par exemple Ingrid Lange, la directrice du Centre universitaire international de l’Université technique (TU) de Freiberg. Mais les organiser est difficile avec les avertissements portant sur les voyages. « Les bailleurs de fonds comme le DAAD font preuve de souplesse et soutiennent les étudiants, même s’ils doivent rentrer plus tôt que prévu. » Mme Lange s’attend à de profondes modifications, allant au-delà de la pandémie. « Les formes mixtes, alliant des phases en présentiel à des formats virtuels, marqueront demain plus fortement les échanges internationaux. »

Quels modèles d’échanges existent actuellement ?

Pour le semestre d’hiver 2020/21, l’Union européenne a élargi son programme Erasmus+ à des formes de mobilité virtuelle et hybride. Ce qui est nouveau, c’est que les études ou les stages démarrent en virtuel et, si c’est possible, se poursuivent en présentiel. L’avantage, c’est que le séjour peut être raccourci et l’échange mené virtuellement à terme en cas de nouvelles restrictions dues au coronavirus. Les interruptions entre les phases de mobilité virtuelle et physique sont également possibles.

Y a-t-il des formats d’échange purement virtuels ?

Oui. L’Université libre (FU) de Berlin, par exemple, a lancé avec ses universités partenaires un projet pilote de promotion de la mobilité virtuelle entre elles dans le réseau européen « Una Europa ». L’initiative Virtual Mobility in Emergency propose des cours en ligne interdisciplinaires auxquels les étudiants peuvent postuler dans le cadre d’Erasmus+. Les résultats seront comptabilisés. « Avec cette offre, nous avons pu toucher des étudiants qui avaient déjà renoncé à un semestre à l’étranger en cette période », dit Herbert Grieshop, responsable des affaires internationales à la FU de Berlin. Le projet, lancé très rapidement, doit être étendu. « Nous y voyons une possibilité d’augmenter encore la mobilité, après le coronavirus aussi. »

Reçoit-on une bourse Erasmus quand on étudie depuis chez soi ?

Quiconque suit des cours en ligne ou fait un stage en télétravail à l’étranger a le statut d’un étudiant Erasmus et, ainsi, un cours de langue gratuit, par exemple. Mais seuls les étudiants partant à l’étrange reçoivent une allocation mobilité pour assurer leurs frais de subsistance.

Partir à l’étranger pour y étudier en numérique, est-ce que cela en vaut la peine ?

Les universités sont largement passées à l’enseignement numérique partout en Europe. L’Allemande Hannah Potthoff fait depuis un mois des études d’histoire à l‘Università Cattolica del Sacro Cuore de Milan. Elle ne se rend pratiquement jamais sur le campus, les étudiants internationaux sont exclus des rares cours en présentiel. Or cette étudiante de 25 ans savait qu’elle passerait un semestre très largement numérique : « En fait, c’est la même situation qu’à Berlin. Mais on se sent assez seul quand on ne connaît pas l’université et qu’on n’a guère de possibilités de faire la connaissance des autres étudiants. » Pendant ses cours, elle apprend avec des étudiants assis devant leur écran en France, en Angleterre ou en Chine. Etudiante en master, elle a surtout noué des contacts personnels par l’intermédiaire de l’Erasmus Student Network (ESN), cela lui rend les choses plus légères.

Les étudiants devraient-ils plutôt repousser leur semestre d’études à l’étranger ?

Personne ne sait quand la situation s’arrangera. Une chose est sure : les capacités en locaux des universités sont limitées en raison du coronavirus et le resteront encore pendant un moment. Les spécialistes recommandent donc d’accepter les offres de mobilité virtuelle et hybride car les étudiants n’ont que quelques créneaux dans leurs études pendant lesquels ils peuvent réaliser un semestre à l’étranger.