« Ma patrie c’est là où je me sens bien »

Qu’est-ce que la patrie, où se trouve-t-elle ? Nous avons interrogé trois personnes qui ne sont pas nées en Allemagne

Ali Faramarzi est venu d’Iran en Allemagne
Ali Faramarzi est venu d’Iran en Allemagne Jonas Ratermann

A Francfort auprès d’amis

« Pour moi, ma patrie c’est là où je me sens bien, où j’ai mes amis, où j’aime rentrer après quelques jours de voyage. Et c’est Francfort. J’aime m’asseoir au bord du Main et regarder la rivière. Je n’ai plus beaucoup de souvenirs de l’Iran, le pays de mes parents, si ce n’est celui d’arbres en fleurs. Je pense plus souvent à Würselen, une petite ville dans l’ouest de l’Allemagne où j’ai passé ma jeunesse. Lorsque je vais à Bruxelles, j’aime m’y arrêter. »  

Ali Faramarzi
Ali Faramarzi, né en 1979 à Téhéran, Iran, est arrivé en Allemagne en 1986 avec ses parents. Il vit à Francfort depuis 2006 et dirige une startup technologique.

Au sein de la famille

« Pour moi, ma patrie c’est là où vit ma famille, où je suis reconnue en tant que personne et ou j’ai une perspective d’avenir. Pour moi, c’est l’Allemagne. J’ai passé mon enfance et ma jeunesse dans un foyer pour réfugiés, à l’école et dans des centres de jeunesse à Francfort. L’Inde, dont ma famille est originaire, est ma seconde patrie. Je suis attachée à la langue, la cuisine, la religion, la culture. Nous y allons régulièrement. A Hambourg, je commence tout juste à me constituer une patrie. »  

Meghu Kapoor
Meghu Kapoor, née en 1990, était bébé lorsqu’elle est arrivée en Allemagne avec ses parents. Aujourd’hui, elle travaille à Hambourg dans l’industrie de consommation en tant que partenaire d’affaires en ressources humaines.

Le présent et le passé

« Lorsque je vais à Damas, j’aime retrouver ma famille et mes amis. J’y ai grandi et connais tous les recoins. J’y ai un sentiment de patrie. Lorsque je rentre à Leipzig où j’ai fait mes études, où je travaille  et me suis fait des amis, où j’ai passé des moments heureux et des moments difficiles, je me sens soulagé et en confiance, comme après un long voyage. La patrie est le passé auquel on associe beaucoup de souvenirs. Et la patrie est le présent parmi des personnes qui ont des pensées, des soucis et des souhaits semblables à soi. La patrie est un besoin de soutien. »   

Akeel Sandouk
Akeel Sandouk, né en 1990 en Syrie, est venu à Leipzig en 2012, étudiant, dans le cadre d’un échange ; il y travaille à l’université et dans une société de conseil.

Comptes rendus : Martin Orth

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