« Et peut-on donner naissance à des enfants dans l’espace ? »
C’est ce genre de questions sur le corps féminin en apesanteur qui motivent Cosma Heckel, 19 ans. Elle rêve de devenir astronaute – et elle est déjà en contact avec la NASA.
Cosma, où puis-je te joindre ?
Je suis actuellement aux États-Unis afin d’assister au lancement de la mission lunaire Artémis 2. En 2022, j’ai déjà pu suivre en direct le lancement d’Artémis 1, ainsi que plusieurs tentatives de lancement avortées. Je suis donc particulièrement émue de voir la suite, cette fois-ci non pas avec un vol sans équipage, mais comprenant quatre astronautes à bord.
Comment t’es-tu intéressée à l’espace ?
J’ai baigné dans ce milieu dès mon plus jeune âge, en quelque sorte. Mon père dirige le centre de formation à but non lucratif « International Space Education Institute (ISEI) », à Leipzig. J’ai donc participé à des voyages et à des projets alors que j’étais encore toute petite.
Tu as déjà acquis une grande expérience dans le domaine spatial, entre autres au sein de la NASA...
Oui, j’ai participé très tôt au Rover Challenge, un concours international organisé par la NASA, dans le cadre duquel on construit des véhicules lunaires pour les faire rouler sur un parcours donné. Pour ce concours, nous avons déjà décroché trois fois le titre de champion du monde, la dernière fois en 2019. J’ai également participé au Space Camp aux États-Unis et à d’autres camps d’été. Ainsi, j’ai pu découvrir très tôt tout ce qu’il était possible de faire et réaliser que même les rêves les plus ambitieux – qui semblent irréalistes au premier abord – peuvent devenir réalité.
Il y a tant de questions qui sont restées en suspens concernant les planètes, la vie non humaine – mais aussi, par exemple, la manière dont le corps humain se transforme dans l’espace.
Tu aimerais devenir astronaute. Pourquoi ?
Ce qui me fascine avant tout, c’est tout ce qui reste encore à explorer. Je ressens un immense besoin de chercher des réponses. Je vois cela comme un défi. Il y a tant de questions qui sont restées en suspens concernant les planètes, la vie non humaine – mais aussi, par exemple, la manière dont le corps humain se transforme dans l’espace.
Que veux-tu dire par là ?
À côté de l’aérospatiale, je m’intéresse à la biologie. Et je me pose la question suivante : que font les femmes dans l’espace, sur l’ISS par exemple, lorsqu’elles ont leurs règles ? Et peut-on donner naissance à des enfants dans l’espace ? Lors d’un travail de recherche, je me suis penchée intensément sur le sujet du corps féminin en apesanteur. Pour cela, je me suis entretenue avec des gynécologues et des astronautes. On en sait encore beaucoup trop peu sur ce sujet – et c’est bien ce qui me motive.