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Femme dans une salle blanche
Infineon a inauguré, en 2026, une usine de semi-conducteurs à Dresde. © Infineon

Une ascension vers le statut de pôle d’innovation

Depuis la réunification, l’Allemagne de l’Est a rattrapé son retard économique. Aujourd’hui, de nombreuses régions, de Dresde à Rostock, incarnent le monde de la recherche et de la high-tech.

23.09.2026Wolf ZinnWolf Zinn

Pôles de recherche, technologies d’avenir, investissements étrangers : depuis la réunification en 1990, l’Allemagne de l’Est a connu dans l’ensemble une évolution très positive. Dans certaines régions, des sites compétitifs à l’international ont vu le jour dans les domaines des semi-conducteurs, de l’optique, des technologies énergétiques, de la biochimie et des modèles économiques numériques.  

Des milliards pour les puces électroniques, l’automobile et la biochimie

C’est en Saxe que cette transformation est particulièrement visible. Autour de Dresde, la « Silicon Saxony » regroupe plus de 750 entreprises et institutions spécialisées dans la microélectronique et les technologies de l’information : cette région fait figure de plus grand pôle de microélectronique d’Europe. En 2026, Infineon y a inauguré une usine de semi-conducteurs d’une valeur de cinq milliards d’euros, créant ainsi quelque 1 000 nouveaux emplois. Aussi, le groupe taïwanais TSMC, spécialisé dans les puces électroniques, y construit une nouvelle usine de puces en collaboration avec Bosch, Infineon et NXP, pour un montant de plus de dix milliards d’euros.

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Berlin est l’une des principales villes allemandes en matière de start-up : en 2025, quelque 2,7 milliards d’euros de capital-risque ont été investis dans de jeunes entreprises berlinoises.

Le Brandebourg a accueilli la Gigafactory de Tesla à Grünheide, près de Berlin, premier site de production européen du groupe américain, et poursuit son développement : entre-temps, le constructeur automobile est devenu le plus grand employeur privé du Land. 

Cottbus : la ville la plus dynamique d’Allemagne 

Cottbus constitue un autre exemple marquant de la mutation structurelle du Brandebourg : dans le classement 2026 du dynamisme, établi par l’Institut de l’économie allemande (IW), cette ville de près de 100 000 habitants a décroché la première place à l’échelle nationale. Cottbus est actuellement en pleine transformation : cet ancien site d’exploitation du lignite devient une véritable région du savoir. L’État fédéral et le Land investissent dans la recherche et la création d’emplois : le Lausitz Science Park vise à rapprocher la science et les entreprises, la nouvelle université de médecine renforce le pôle de santé, et la Deutsche Bahn développe massivement un grand centre de maintenance conçu pour les trains ICE. 

Tuyaux d’une raffinerie
À Leuna, un nouveau type de raffinerie est en cours de construction ; elle transforme le bois en produits chimiques d’origine biologique. © Jessica Krauß

Une nouvelle force au-delà des métropoles

La Saxe-Anhalt mise sur la modernisation de ses sites industriels. C’est ainsi qu’à Leuna, par exemple, le groupe finlandais UPM a investi environ 1,3 milliard d’euros dans une raffinerie innovante qui transforme le bois en produits chimiques d’origine biologique ; les premiers produits sont déjà livrés aux clients. Dans le Land de Thuringe, avec l’entreprise historique Zeiss et son pôle de recherche, la ville de Jena est devenue synonyme d’optique, de photonique et de technologie des semi-conducteurs très recherchées à l’international. Zeiss continue d’y développer son site high-tech.

Le Mecklembourg-Poméranie occidentale renforce également son profil industriel. Basée à Rostock, l’entreprise Neptun Smulders – une joint venture entre le chantier naval Neptun et le spécialiste belge de l’offshore Smulders – construit de grandes plateformes de conversion destinées aux parcs éoliens offshore. Des composants clés sont fabriqués à Rostock-Warnemünde ; le volume des commandes s’élève à près de 2,5 milliards d’euros.