Trois questions à

Margret Wintermantel, présidente de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD) sur l’importance des relations internationales en matière d’éducation.

Professeur Wintermantel, pourquoi l’échange universitaire est-il important pour l’Allemagne?

L’expérience internationale et la coopération scientifique n’augmentent pas seulement les compétences individuelles, elles contribuent également à la force d’innovation de la société – et de ce fait à une coexistence pacifique.

Des projets d’éducation transnationale gagnent en importance. Comment l’Allemagne est-elle perçue en tant que partenaire ?

Ces coopérations nous permettent de dialoguer également au-delà des fossés culturels et politiques. En 2014, nous avons ouvert l’Institut germano-russe pour les technologies innovatrices à Kazan. Des étudiants russes peuvent y obtenir un diplôme selon les standards allemands jouissant d’une grande réputation. L’université germano-jordanienne à Amman est un autre exemple. Pour les Jordaniens, le modèle de l’institut universitaire de technologie allemand était très intéressant car dans la région on manque de possibilités d’éducation en relation avec la pratique et de ce fait, de filières de formation proches du marché du travail. Entre-temps, plus de 20 000 étudiants étrangers étudient dans des universités binationales à l’étranger et développent évidemment une relation étroite avec l’Allemagne.

Quels buts le DAAD associe-t-il à son nouveau programme pour les jeunes gens de régions en crise ?

Nous ne pouvons pas nous limiter à observer comment la guerre civile en Syrie mène à la perte de toute une génération qui, plus tard, sera indispensable pour la reconstruction. Dès 2014, avec des fonds du ministère des Affaires étrangères, le DAAD a initié le programme de bourse « Des cadres pour la Syrie » afin de permettre à de futurs cadres et personnel qualifié de faire des études en Allemagne. Ce programme se révèle être exemplaire pour montrer comment, dans les situations les plus difficiles, des opportunités peuvent être offertes à des jeunes gens. De plus, nous soutenons l’intégration de réfugiés dans des universités allemandes par une préparation linguistique et thématique ainsi que par des offres d’encadrement. ▪

PROF. DR. MARGRET WINTERMANTEL

Présidente de l’Office allemand d’échanges 
universitaires (DAAD)