Protéger porte ses fruits : ce que la panthère des neiges nous apprend sur la biodiversité
195 États engagés en faveur de la biodiversité : comment la COP17 à Erevan s’engage en faveur de la protection de la nature et quel rôle joue l’Allemagne à cet égard.
C’est au beau milieu de la nuit que, dans les montagnes du Kirghizistan, une caméra se déclenche : pendant un bref instant, une panthère des neiges occupe tout l’écran. Puis elle disparaît à nouveau. Cette image fait partie d’un recensement systématique au cours duquel au Kirghizistan, des chercheurs ont installé 875 pièges photographiques sur plus de 125 000 kilomètres carrés et documenté plus de 335 observations. Le bureau de l’Association allemande pour la nature (NABU) au Kirghizistan a également participé à cette étude, publiée en 2025. Les panthères des neiges comptent parmi les grands félins les plus menacés de la planète ; la disparition de leur habitat et le braconnage mettent en péril leur survie. Cela rend d’autant plus importante la bonne nouvelle ressortant de cette étude : les zones protégées et la coopération transfrontalière portent leurs fruits. Depuis un effectif tombé à un minimum de 150 à 200 individus pour l’année 2000, le Kirghizistan connaît une tendance à la hausse, soit une moyenne actuelle de 285 animaux adultes.
Quels sont les objectifs de la COP17 ?
D’après le Conseil mondial de la biodiversité (IPBES), un million des huit à dix millions d’espèces animales et végétales estimées dans le monde sont menacées d’extinction. Sans une biodiversité intacte, il ne peut y avoir de base durable et fiable pour la vie ; sa préservation constitue donc une responsabilité commune. C’est précisément l’objet de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP17) qui se tient à Erevan, la capitale arménienne. Du 19 au 30 octobre 2026, les 196 parties à la Convention s’y réuniront, soit 195 États, dont l’Allemagne, et l’Union européenne.
Cette conférence vise à garantir la poursuite des actions découlant des décisions prises lors des précédentes conférences. En 2022, la COP15 avait adopté le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. Parmi les 23 mesures prévues, la plus connue reste l’objectif « 30x30 », qui ambitionne de placer 30 pour cent de la surface terrestre sous protection d’ici 2030. En 2024 et 2025, la communauté internationale s’était accordée sur de nouvelles mesures, entre autres, pour renforcer le rôle des peuples autochtones.
Comment l’Allemagne s’engage-t-elle en faveur de la biodiversité ?
En décembre 2024, le gouvernement allemand avait adopté la Stratégie nationale biodiversité 2030 (SNB). Celle-ci comprend 21 domaines d’action, avec 64 objectifs et environ 250 mesures qui doivent être réalisées d’ici 2027. L’Allemagne soutient des projets en faveur de la biodiversité dans les pays du Sud par le biais de l’Initiative internationale pour la protection du climat. À ce jour, on dénombre plus de 1 100 projets dans quelque 150 pays partenaires, pour un montant total proche de huit milliards d’euros.
Qu’est-ce que la COP ?
COP signifie « Conference of the Parties », c’est-à-dire la conférence des États signataires. La première Conférence mondiale sur la biodiversité s’est tenue en 1994, aux Bahamas. Depuis, les États membres se réunissent à peu près tous les deux ans.
Qu’est-ce que la CDB ?
La Convention sur la diversité biologique (CDB ou Convention on Biological Diversity) des Nations unies fut adoptée en 1992 à Rio de Janeiro ; aujourd’hui, elle reste le principal cadre réglementaire international en matière de diversité biologique. Elle protège les animaux, les plantes et les écosystèmes, tout en conciliant cette protection avec l’utilisation durable des ressources naturelles.