Il ne s’agit pas seulement des droits des femmes

D’anciennes questions, de nouvelles idées : que signifie le féminisme aujourd’hui ? Ce que disent les blogueuses Jana Braumüller et Ninia LaGrande.

Ninia LaGrande
Ninia LaGrande Steffen Baranski

Que signifie le féminisme pour vous ?

Jana : Le féminisme signifie que je ne lutte pas seulement pour mes droits mais pour et avec ceux qui sont structurellement défavorisés, par exemple par ce qu’ils appartiennent à une minorité.

Ninia : Pour moi, le féministe c’est l’égalité des sexes pour tous – indépendamment de leur sexualité, de leur corps, de leur religion et de leur origine. Le féminisme doit être antiraciste, ne doit pas être hostile aux personnes handicapées et se limiter à la norme.

Pour moi, le féministe c’est l’égalité des sexes pour tous.

Ninia LaGrande, blogueuse

Les premières féministes ont lutté pour l’égalité légale des sexes. De quoi s’agit-il aujourd’hui ?

Ninia : Nous avons certes l’égalité des sexes de par la loi mais la réalité est tout autre. Les thèmes actuels sont #metoo, l’anti-racisme, le glissement à droite, les accouchements sûrs, un salaire égal à travail égal et la politique concernant le corps.

Jana : Dans l’ensemble, il s’agit de la famille et de l’autodétermination. Et je considère aussi que le danger représenté par les populistes de droite et le racisme est un sujet actuel important. 

Jana Braumüller
Jana Braumüller Lydia Hersberger

Où voyez-vous un retard à combler par l’Allemagne en matière d’égalité des sexes ?

Jana : Les débats sur #metoo et #metwo ont montré que les violences sexuelles, le sexisme et le racisme persistants sont de grands défis pour notre société. De plus, nous devons faire des progrès en laissant grandir les filles et les garçons sans rôles stéréotypés. Je trouve aussi que c’est un problème qu’il y ait encore beaucoup trop peu de femmes dans les conseils d’administration et aux postes de direction.

Ninia : La politique laisse peu de place aux thèmes féministes. Les femmes ont encore des salaires inférieurs à ceux des hommes ; elles représentent 90 pour cent des familles monoparentales, sont souvent pauvres et nettement plus fortement concernées par la violence. Je crois même que le gouvernement allemand compte davantage de secrétaires d’Etat s’appelant Hans que de femmes.

Blogueuse Ninia LaGrande

Not Another Woman Mag: Jana Braumüller

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