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De l’idée de Zetkin à la Journée internationale des droits des femmes

Ce qui a démarré comme une protestation pour le droit de vote des femmes est aujourd’hui une journée d’action internationale pour l’égalité des droits. Le 8 mars est synonyme de luttes historiques et de débats actuels.

Ina BrzoskaIna Brzoska, 05.03.2026
8 March
© picture-alliance/akg-images | generated with AI

Le 8 mars, des femmes et des hommes descendent dans les rues de nombreuses villes et manifestent pour le droit à l’autodétermination des femmes. Dans d’autres endroits, des conférences mettent à l’honneur le sujet de l’égalité des droits, beaucoup d’entreprises distribuent des fleurs à leurs collaboratrices. La Journée internationale des droits des femmes est désormais considérée comme une journée d’action dans le monde entier. En Allemagne, elle est inscrite au calendrier comme un jour férié depuis 2019 à Berlin et 2023 dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale.  

1. Comment est née la Journée internationale des droits des femmes et pourquoi a-t-elle lieu le 8 mars ? 

La Journée internationale des droits des femmes est née lors du mouvement des ouvrières socialistes au début du 20e siècle. En 1909, des femmes organisèrent aux États-Unis une journée de protestation pour le droit de vote des femmes. Un an plus tard, la socialiste allemande Clara Zetkin proposa, lors d’une conférence de femmes à Copenhague, une journée d’action annuelle. En 1911, cette journée eut lieu pour la première fois dans plusieurs pays européens. 

Lorsque des ouvrières firent grève pour réclamer du pain, la paix et des changements politiques le 8 mars 1917 à Saint-Pétersbourg, cette date s’imposa dans de nombreux pays comme celle de la Journée internationale des droits des femmes. En 1977, les Nations unies appelèrent leurs États membres à introduire une journée internationale pour les droits des femmes.

2. Quel rôle a joué le mouvement des femmes dans l’obtention du droit de vote en Allemagne ? 

Depuis la fin du 19e siècle, des associations de femmes, aussi bien bourgeoises que socialistes, réclamaient le droit de vote en Allemagne. Avec l’introduction de la Journée internationale des droits des femmes à partir de 1911, cette revendication bénéficia d’une scène internationale. La journée d’action contribua à transformer le droit de vote en demande politique visible publiquement et augmenta la pression sur le gouvernement. 

Le droit de vote fut accordé seulement après la Révolution de novembre 1918. Le 12 novembre, le Conseil des représentants du peuple proclame le même suffrage universel pour les hommes et les femmes à partir de 20 ans. 37 femmes furent élues lors des élections de l’Assemblée nationale constituante le 19 janvier 1919.  

3. Comment les droits des femmes ont-ils évolué en Allemagne depuis 1945 ? 

Après la deuxième Guerre mondiale, les deux États allemands, la République fédérale d’Allemagne et la République démocratique allemande (RDA) ancrèrent l’égalité des droits dans leurs constitutions en 1949. En RDA, l’activité professionnelle des femmes était une volonté politique et largement étendue, mais souvent liée à une double charge liée au travail et à la famille. 

En République fédérale, malgré l’article sur l’égalité des droits dans la Loi fondamentale, des discriminations légales persistèrent dans un premier temps. Jusqu’en 1958, un mari pouvait, dans certaines conditions, résilier le contrat de travail de sa femme. Seule la réforme du droit du mariage et des familles de 1977 clarifia de manière contraignante l’égalité de droits au sein du mariage. 

En 1994, la notion d’égalité fut précisée dans la Loi fondamentale. Des réformes concernèrent notamment la protection contre les violences domestiques et sexuelles, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, ainsi que des directives contraignantes visant à augmenter le nombre de femmes occupant des postes à responsabilité. 

4. Où existe-t-il encore aujourd’hui des inégalités entre les femmes et les hommes en Allemagne ? 

En Allemagne, à poste égal, les femmes gagnent en moyenne encore six pour cent de moins que les hommes, comme le montre le Gender-Pay-Gap. Elles assument une grande partie des tâches domestiques non rémunérées, travaillent plus souvent à temps partiel et perçoivent donc des retraites moins élevées. Elles continuent d’être plus rarement représentées à des postes de direction. Dans les 40 plus grandes entreprises cotées en bourse, la proportion de femmes au sein des conseils d’administration est d’environ un quart. Au Bundestag, elle est d’environ un tiers. Aussi, les violences domestiques touchent principalement des femmes. 

5. Quel est le rôle de l’Allemagne dans la protection internationale des droits des femmes ? 

La protection internationale des droits des femmes repose sur plusieurs accords. Il s’agit notamment de la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes CEDAW de 1979, de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe de 2011 et de la résolution 1325 des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité de 2000. Ces conventions obligent les États à mieux protéger les femmes et à rédiger régulièrement des rapports concernant les progrès en la matière. 

L’Allemagne soutient ces accords et les applique. La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes CEDAW est appliquée en Allemagne depuis 1985, la Convention d’Istanbul depuis 2023 sans restrictions. En outre, le gouvernement fédéral soutient des projets internationaux pour les droits des femmes et participe à l’organisation ONU Femmes. L’Allemagne aborde également régulièrement ce sujet dans les forums internationaux tels que l’UE, le G7 et le G20.