Berlin, mode d’emploi

Brenda Strohmaier, l’auteur du livre « Wie man lernt, ein Berliner zu sein », donne une interview sur ce qui fait le charme de Berlin.

dpa/Schoening Berlin - Berlin feeling

Mme Strohmaier, pourquoi Berlin est-il si demandé à l’international ?

Comparée à Londres, New York ou Copenhague, la ville est encore très abordable. Les artistes ont été les premiers à venir à Berlin, trouvant la ville incroyable parce qu’on pouvait y louer des ateliers à  bas prix. A cela venait s’ajouter le fait que Berlin avait tant d’espaces libres, et en a toujours beaucoup aujourd’hui.

Qu’est-ce que ce « sentiment berlinois »?

Le sentiment qu’à Berlin, on peut faire bien plus de choses que dans d’autres villes. Les Berlinois disent volontiers que si l’on se promenait nu dans la rue, personne ne le remarquerait.

Berlin change maintenant beaucoup et un nombre croissant de gens viennent s’y installer. Cela casse-t-il le charme de la ville ? 

Je ne crois pas. Quand on regarde l’histoire de la ville, on voit que, jadis, Berlin croissait beaucoup plus vite qu’aujourd’hui. Entre 1860 et 1910, trois millions de personnes sont arrivées et se sont intégrées. C’est encore le cas aujourd’hui. Le côté miteux et décontracté de Berlin existe encore. Ici, nous nous battons pour la tolérance – cette attitude perdurera encore longtemps.

Peut-on apprendre à être un Berlinois ?

Tout le monde ne peut pas l’apprendre. Pour cela, il faut comprendre que la tolérance est l’aspect positif du sentiment de « j’m’en-foutisme » si répandu ici. Mais certains ne s’intègrent pas et ne voient que la saleté de la ville ou les nombreux graffitis sur les murs. Si l’on veut se sentir bien à Berlin, il faut comprendre que la ville offre nombre de libertés. On devient plus tolérant quand on vit ici.

Avez-vous un conseil pour ceux qui viennent à Berlin ?

Je leur recommanderais de sortir des sentiers touristiques. De monter dans un S-Bahn, d’aller quelque part, puis de descendre. On devrait par exemple aller au sud-ouest de la ville, à Spandau. Le pourcentage de véritables Berlinois y est très élevé. Quand on va dans un bistrot, on retrouve alors le vrai Berlin populaire avec des types comme « Knatter-Kalle » et  « Hertha-Harry ». 

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