Le groupe de réflexion sur le climat

L’Institut de recherche sur l’impact du changement climatique à Potsdam compte parmi les groupes de réflexion leaders dans la politique environnementale. L’une de ses études a même donné naissance à « l’expression de l’année ».

L’Institut de recherche sur l’impact du changement climatique à Potsdam
L’Institut de recherche sur l’impact du changement climatique à Potsdam dpa

« Heißzeit », « l’ère caniculaire » – La Société pour la langue allemande a élu ce mot « expression de l’année 2018 ». L’été a été extrêmement chaud et sec. Le Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung (PIK) a popularisé le mot « Heißzeit » en publiant les « Hothouse Earth-Papers ». Ses chercheurs mettent en garde contre le fait qu’un seuil critique puisse être dépassé dans le changement climatique, seuil au-delà duquel plus rien ne saurait arrêter le réchauffement de la planète, même si les êtres humains menaient du jour au lendemain une vie exempte d’émissions. Cette étude a été la publication scientifique la plus influente l’année dernière.

Un établissement au superlatif

Les superlatifs caractérisent le PIK. C’est non seulement le groupe de réflexion et de recherche sur les incidences climatiques le plus important d’Allemagne, c’est aussi le groupe de réflexion sur les stratégies environnementales leader dans le monde. Les chercheuses et les chercheurs du PIK sont des experts demandés dans les médias et des conseillers recherchés par le monde politique.

Le climatologue Hans Joachim Schellnhuber a fondé l‘institut en 1992
Le climatologue Hans Joachim Schellnhuber a fondé l‘institut en 1992 dpa

Des chercheurs en sciences sociales et naturelles du monde entier étudient au PIK l’impact écologique, économique et social du réchauffement planétaire. Avec un superordinateur, ils analysent d’immenses sommes de données et modélisent les évolutions possibles du climat et des scénarios pour demain. Or ces chercheurs n’élaborent pas seulement des scénarios – généralement très inquiétants – sur le climat. Ils élaborent aussi des stratégies et des recommandations pour un développement durable de notre planète.

Le climatologue Hans Joachim Schellnhuber a fondé l’institut. C’est également lui qui a fait entrer le concept des « tipping elements », des éléments critiques, dans la recherche. Auparavant, les chercheurs partaient sur l’idée de changements continus du climat. Mais M. Schellnhuber découvrit qu’il peut y avoir des changements abrupts, extrêmes et irréversibles quand certains événements arrivent. Par exemple lorsque les glaciers fondent, les forêts vierges sont déboisées ou brûlées et lorsque les récifs coralliens meurent. C’est comme aux dominos : une seule catastrophe en entraîne une cascade d’autres. « Il pourrait être très difficile, voire impossible d’empêcher les chaînes de dominos de basculer. Certains lieux pourraient devenir inhabitables sur Terre », avertit Johan Rockström, l’un des deux directeurs du PIK.

Pour que l’ère caniculaire ne devienne pas une réalité, le PIK demande de nouveaux principes dans nos rapports à la planète. Leur demande la plus importante : le CO2 doit enfin avoir un prix.

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