La réponse de la politique 
allemande à la crise des réfugiés

Depuis le début de l’été 2015, le nombre de réfugiés augmente rapidement en Allemagne. Le gouvernement fédéral agit résolument. Un résumé des différentes décisions.

Jusqu’au tournant de l’année 2014-2015, les mouvements de réfugiés en provenance du Proche et du Moyen-Orient sont encore relativement modérés. Mais, au printemps 2015, dans les pays accueillant le plus de réfugiés syriens, la Turquie, le Liban et la Jordanie, la situation des personnes vivant dans des 
camps se dégrade rapidement car l’UNHCR n’a plus les moyens nécessaires pour garantir leur approvisionnement. Un nombre croissant de personnes se mettent alors en route vers l’Europe occidentale.

Des prévisions doublées

18 juin 2015 : la chancelière Angela Merkel rencontre les ministres-présidents des Länder pour un premier « sommet sur les réfugiés ». Alors que, au début de l’été, le gouvernement fédéral s’attendait au maximum à 400 000 réfugiés, le ministère de l’Intérieur relève les prévisions de 100 % le 16 août. En juillet, les administrations ont enregistré plus de 83 000 réfugiés. Le 4 septembre, la chancelière Angela Merkel annonce que des milliers de réfugiés attendant en Hongrie peuvent venir en Allemagne sans vérification et sans application de la loi allemande sur les demandes d’asile. La procédure de Dublin-III, selon laquelle les demandes d’asile doivent être examinées par le premier pays d’arrivée dans l’Union ­européenne (plus la Norvège, l’Islande, la Suisse et le Liechtenstein), est ainsi abrogée dans les faits.

L’UE veut répartir les réfugiés

22 septembre : les ministres de l’Intérieur des pays membres de l’Union européenne décident, contre l’opposition de la Hongrie, de la Tchéquie, de la Slovaquie et de la Roumanie, de répartir quelque 120 000 réfugiés entre les pays membres d’ici à 2017. Le 25 septembre, le Bundestag décide de mettre 2 milliards d’euros supplémentaires à la disposition de l’aide aux réfugiés.

Un nouveau train de lois

6 octobre : le directeur de la Chancellerie, Peter Altmaier, est nommé par le conseil des ministres « coordinateur politique général » de la politique des réfugiés. Les différents ministères doivent assumer des responsabilités clairement définies. Le ministère fédéral de l’Intérieur reste chargé de toute la coordination opérationnelle, le ministère des Affaires étrangères et le ministère pour la Coopération et le Développement se partagent les compétences en matière de lutte contre les causes de migration et de fuite des populations. Le 24 octobre, un train de lois sur l’asile entre en vigueur qui accélère l’examen des demandes d’asile et doit réduire les incitations négatives. Les gens n’ayant aucune perspective de rester en Allemagne recevront désormais la somme allouée jusque-là pour couvrir leurs besoins personnels sous forme de prestations en nature. Ceux ayant de bonnes perspectives de rester en Allemagne doivent être rapidement intégrés au marché du travail. Les Länder et les communes voient leur charge allégée, la Fédération assume les coûts. L’Albanie, le Kosovo et le Monténégro sont déclarés pays d’origine sûrs.

Des fonds supplémentaires

5 novembre : le gouvernement fédéral ­décide de créer des centres d’asile qui examinent les demandes d’asile et exécutent le raccompagnent aux frontières. Le renvoi de demandeurs d’asile refusés est facilité par la disposition des pays des Balkans à accueillir les personnes rentrant au pays. La procédure de Dublin-III est à nouveau appliquée depuis le 10 novembre par le ministère fédéral de l’Intérieur et l’Office fédéral des réfugiés et des migrations (BAMF). Le gouvernement fédéral met 1 milliard d’euros supplémentaires à la disposition de l’aide aux réfugiés.

Sommet de l’UE et de la Turquie

30 novembre : l’UE et la Turquie adoptent un plan d’action pour surmonter la crise des réfugiés. Contre une aide financière de 3 milliards d’euros, des allègements pour les citoyens turcs au sein de l’UE et une intensification des négociations pour son adhésion à l’UE, la Turquie s’engage à améliorer la situation dans les camps, à lutter contre les passeurs et, à partir de l’été 2016, à reprendre les migrants de pays tiers.

Campagne en Afghanistan

En novembre, le ministère des Affaires étrangères lance une campagne contre les fausses rumeurs et les mensonges des passeurs. Avec des affiches et des messages sur les réseaux sociaux, la campagne s’adresse aux Afghans qui souhaitent partir en Allemagne.

Introduction de la carte de réfugié

En décembre, le gouvernement fédéral crée la « carte de réfugié » portant le nom, la date et le lieu de naissance, la nationalité ainsi que d’autres informations. Elle doit permettre d’accélérer l’enregistrement des demandeurs d’asile. ▪