Comment vit l’Allemand moyen ?

En Ukraine, l'Allemagne est considérée comme l'allié le plus important en Europe - du fait de valeurs telles que la démocratie et les traditions.

Nataliia Fiebrig en reportage à Berlin.
Nataliia Fiebrig en reportage à Berlin. privat

La force économique, la démocratie, la culture et les traditions sont ce que les Ukrainiens associent à l’Allemagne. Ils s'intéressent à la manière dont vit l'Allemand moyen, au fonctionnement des crèches et des écoles, à l’organisation des soins médicaux, aux avantages de l'Etat providence et cela va jusqu’aux voitures et autoroutes allemandes, aux jardins soignés avec des nains de jardin. Et, bien sûr, mes reportages ne doivent jamais faire l'impasse sur les marchés de Noël et l’Oktoberfest.

La majorité des Ukrainiens pensent qu’en Allemagne tout est réglé jusqu'au moindre détail et que la protection des citoyens est une priorité absolue. C'est pourquoi ils ont peine à croire que les locataires dans les grandes villes aient du mal à trouver des logements au loyer abordable et qu’un pays aussi fortement industrialisé soit à la traîne en matière de numérisation alors qu'en Ukraine l'appli nationale Dija peut déjà remplacer le passeport et le permis de conduire 

En août 2021, les 30 ans d’indépendance ont été célébrés par une grande parade militaire à Kiev.
En août 2021, les 30 ans d’indépendance ont été célébrés par une grande parade militaire à Kiev.
picture alliance/dpa/TASS

Depuis 2014, l’Allemagne est sur le plan politique le principal allié européen de l'Ukraine. Pour la chancelière Angela Merkel, l'Ukraine se plaçait en tête de la liste des priorités. Elle a toujours été informée en détail du processus des réformes tout comme de la défense de l’intégrité territoriale de l'Ukraine dans l'est du pays. C'est pourquoi les dirigeants politiques et la population ne comprennent pas l'obstination du gouvernement fédéral en ce qui concerne le gazoduc controversé Nord Stream 2. Les efforts d’Angela Merkel pour convaincre le président américain Joe Biden de renoncer aux sanctions contre le projet sont ressentis comme un cadeau d’adieu au président russe Vladimir Poutine. En Ukraine on pense que, ainsi, Poutine a eu tout ce qu’il voulait.

On ne comprend pas non plus que le pipeline soit désigné comme un projet purement économique. Les Ukrainiens le considèrent surtout comme un instrument géopolitique. Les conséquences économiques ne sont pas ce que l’Ukraine craint le plus ; elle considère que la perte de valeur du pipeline existant qui traverse l’Ukraine est un grand risque pour sa sécurité. Cela aurait dû être un argument pour Angela Merkel qui était parvenue en 2015, grâce à l’accord de Minsk négocié laborieusement, non pas à mettre fin à la guerre dans l’est de l’Ukraine mais à en faire un conflit gelé. En général, le risque de sécurité que pose la Russie à l’Ukraine est considéré comme beaucoup plus faible en Allemagne que par les Ukrainiens eux-mêmes.

 


Nataliia Fiebrig est journaliste. Elle vit à Berlin depuis de nombreuses années et fait des reportages pour l’Ukraine, son pays d’origine, pour le programme d’information TSN de la chaîne de télévision 1+1.

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