Qui recevra le vaccin en premier ?

Le monde espère qu’un vaccin contre le coronavirus sera trouvé. Mais qui sera alors vacciné ? La professeure Ilona Kickbusch a une solution.

On cherche un vaccin contre le coronavirus
On cherche un vaccin contre le coronavirus picture alliance / Klaus Ohlenschläger

Mme la professeure Kickbusch, le monde entier espère qu’on trouvera un vaccin contre le coronavirus. Mais, lorsqu’il sera trouvé, une deuxième question se posera : qui sera vacciné en premier ?

Nous aurons besoin de principes globaux et de lois d’application nationales. L’Organisation mondiale de la santé a créé pour cela un groupe de réflexion qui travaille à des propositions et des principes éthiques. Ceux-ci peuvent être adoptés par les pays membres de l’organisation. Cela sera plus difficile que pour les vaccins qui sont actuellement proposés aux pays en développement car le souhait d’avoir accès au vaccin est également élevé dans les pays riches.

Ilona Kickbusch, spécialiste de la santé globale, est demandée
Ilona Kickbusch, spécialiste de la santé globale, est demandée

Ce serait un moment historique si l’on parvenait à faire du vaccin un „bien public“. 

Ilona Kickbusch, spécialiste de la santé globale

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Guterres, a déclaré que le vaccin attendu devrait être un « bien public »…

Si l’on parvenait – et ce serait un moment historique - à considérer le vaccin comme un « bien public », des principes acceptés par tous seront particulièrement importants. Bien public signifie que la communauté internationale finance les coûts de développement du vaccin et d’une distribution équitable et qu’on ne saurait en tirer un profit. On pourrait donc mettre le vaccin à la disposition de l’Organisation mondiale de la santé ou des Nations unies dans le cadre d’un « regroupement des brevets ».

Le vaccin sera-t-il partout rapidement disponible en quantités suffisantes ?

Ce sera très difficile car nous parlons de 5 milliards de doses nécessaires, de capacités de production, de contenants en verre, de capacités de stockage, de chaînes de distribution, etc. On argumente beaucoup actuellement en faveur de sites de production décentralisés parce qu’on ne veut pas non plus surcharger les sites existants et menacer la production d’autres vaccins. C’est pourquoi les entreprises et les fabricants doivent d’emblée être associés à la discussion. Nous devons trouver ensemble le meilleur modèle pour que, après la vaccination contre la polio, la vaccination contre le Covid-19 devienne le deuxième grand « vaccin du peuple ».  

Comment peut-on s’assurer que les pays les plus pauvres ne soient pas, une fois de plus, défavorisés ?

Nous avons besoin de stratégies pour les régions et les pays n’ayant pas de système sanitaire fiable ainsi que pour les groupes vulnérables comme les migrants, les demandeurs d’asile et les réfugiés.  Nous avons des organisations qui ont une véritable expertise en matière de distribution : l’UNICEF, le Programme alimentaire mondial, l’Alliance GAVI, le Fonds global, le programme contre la polio. On parle d‘une Agence globale d’approvisionnement. Il n’y a pas encore de règles contraignantes mais il existe des éléments comme l’accord TRIPs qui permet aux pays membres d’éviter la législation sur les brevets pour surmonter les crises dans le système de santé publique. Et il y a des modèles de don : une entreprise a déclaré qu’elle ferait don du premier milliard de doses.

Ilona Kickbusch est reconnue dans le monde pour sa contribution à la promotion de la santé et à la santé globale. Depuis 2008, elle dirige le programme de santé globale à l’Institut supérieur de développement et d’études internationales à Genève.

Interview : Martin Orth

© www.deutschland.de

You would like to receive regular information about Germany? Subscribe here: