Un garant de la paix

L’UE assume toujours plus de responsabilités dans les régions en crise et en conflit. Et elle a posé la première pierre d’une Union de la défense.

In vielen Einsätzen aktiv Soldatinnen und Soldaten der Bundeswehr sind an zahlreichen EU-Missionen
Daniel Rosenthal/laif

L’Union européenne n’a pas d’armée commune mais elle est en marche vers une Union européenne de la sécurité et de la défense : les pays de l’UE harmonisent leurs structures et leurs systèmes militaires pour qu’ils puissent mieux coopérer et conduire plus facilement des opérations communes. La Coopération structurée permanente (CSP) en constitue la base, comme l’ont décidé fin 2017 vingt-cinq des vingt-huit pays membres de l’Union européenne. Avec la CSP, les pays européens ont pris des engagements contraignants et veulent améliorer leurs capacités militaires de manière concertée. Sur cette base, de petits groupes d’États réalisent actuellement dix-sept projets ambitieux.

D’autres projets suivront à l’automne 2018 pour améliorer de manière décisive la capacité d’agir de l’UE. Parallèlement, l’UE travaille à la professionnalisation de la gestion civile des crises. D’ici à la fin de l’année, les pays membres concluront un Pacte civil ambitieux (Civilian Compact), prenant des engagements fermes pour renforcer leurs capacités civiles. L’Allemagne est un pionnier en la matière grâce, par exemple, au Centre des missions internationales de paix comme organisation d’envoi ; faisant des propositions, elle insuffle nombre d’idées. La CSP et le Pacte civil sont deux composantes opératives afin de développer la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Les pays de l’UE doivent réunir leurs capacités.

Dans un monde soumis aux conflits, il faut préparer l’Europe et augmenter sa capacité de réaction face aux crises. Aujourd’hui, il existe seize opérations et missions de la PSDC sur trois continents, dont six ont un caractère militaire et dix sont purement civiles. Au total, quelque 5000 personnes sont actuellement en mission dans le monde sous le drapeau européen, dont quelques centaines d’Allemands.

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MALI

Formation des soldats et des policiers

Un conflit tenace règne au nord du Mali. Sans armée qui fonctionne, le pays reste extrêmement menacé et durablement fragile. Depuis 2013, l’Union européene mène une opération de formation militaire au Mali, l’EUTM Mali (European Training Mission), à la demande du gouvernement malien à Bamako et sur la base de la résolution 2085 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette mission consiste à conseiller et former l’armée malienne pour lui permettre de maintenir la sécurité dans le pays sans aide étrangère et de garantir l’intégrité territoriale. Actuellement, 600 militaires de 25 pays européens sont stationnés au Mali, près de 12 000 soldats maliens ont suivi un entraînement de l’EUTM, soit environ 60 % de l’armée de terre. Avec près de 150 soldats, l’Allemagne fait partie des pays envoyant un personnel important et assume le commandement de la mission au Mali depuis le mois de novembre. Le mandat actuel de l’UE pour l’EUTM Mali dure jusqu’en mai 2020. En outre, l’UE conseille et forme depuis début 2014 la police, la gendarmerie et la garde nationale dans le cadre de la mission civile EUCAP Sahel Mali (EU Capacity Building Mission).

 

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SOMALIE / CORNE DE L’AFRIQUE

Une stabilisation de grande envergure

L’Union européene est actuellement présente à la Corne de l’Afrique avec trois missions PSDC se complétant. Avec l’intervention de l’UE à différents niveaux, la situation s’est aujourd’hui sensiblement apaisée à la Corne de l’Afrique. Depuis 2008, l’opération militaire EUNAVFOR Somalia Atalanta protège les transports du Programme alimentaire mondial et les transports de l’Union africaine AMISOM, contribuant à dissuader et prévenir la piraterie et à la combattre dans la région, L’European Training Mission (EUTM) soutient depuis 2010 la création d’une armée nationale somalienne en conseillant ses commandants et en formant ses cadres. La mission civile EUCAP se déroule depuis 2012 pour améliorer les capacités policières dans le domaine de la sécurité maritime. L’Allemagne soutient ces trois missions et participe à ATALANTA et à EUCAP avec du personnel civil et militaire. Un avion de reconnaissance de la marine est régulièrement utilisé dans le cadre d’ATALANTA. Le mandat de l’UE pour les trois missions expirera fin 2020.

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KOSOVO

La création de structures d’État de droit

L’histoire récente du Kosovo est mouvementée : ce petit pays au cœur des Balkans a connu la guerre en 1999 et a dû gérer depuis plusieurs crises politiques et économiques. Cela a beaucoup à voir avec son statut de république indépendante que nombre de pays ne reconnaissent pas en droit international. La population du Kosovo se compose d’un grand nombre de minorités, dont des Serbes, des Turcs, des Bosniaques, des Gorans et des Roms. La Constitution kosovare garantit une protection étendue à toutes ces minorités. Pour sécuriser et renforcer cette construction fragile, l’Union européenne a lancé une mission pour l’État de droit (EULEX Kosovo) qui s’est mise au travail en 2008. L’acronyme EULEX est le nom des missions de l’UE pour promouvoir l’État de droit dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). EULEX est une mission civile de l’UE à laquelle participent des policiers, des juges, des douaniers et du personnel pénitentiaire, soit actuellement quelque 700 experts sur place. Ils aident à la création et à l’extension d’une police, d’une justice et d’une administration multiethniques et, ainsi, combattent indirectement la criminalité organisée dans le pays. La police fédérale allemande et des seconds civils soutiennent la mission européenne au Kosovo.

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IRAK

Proposer ses conseils

Après la fin de la lutte contre l’État islamique (ISIS), l’Irak est confronté à de grands défis politiques, confessionnels et économiques. Le gouvernement de Bagdad doit veiller à un développement pacifique et proposer des perspectives économiques et sociétales à la population. La mission européenne EUAM Irak est en place depuis novembre 2017 pour soutenir le pays dans cette tâche complexe. Markus Ritter, un policier fédéral allemand expérimenté, a été nommé directeur de cette mission civile de conseil. Avec une équipe de 35 personnes venant de différents pays européens, il conseille le ministère de l’Intérieur ainsi que le Bureau du conseiller chargé de la sécurité nationale pour élaborer des lignes directrices et appliquer des réformes dans le secteur de la sécurité. L’objectif est que la police irakienne et d’autres services civils de sécurité luttent efficacement contre la corruption, le terrorisme et la criminalité organisée, tout en respectant les principes de l’État de droit et en protégeant les droits de l’homme. Le mandat de l’UE pour cette mission dure qu’en avril 2020.

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UKRAINE

Créer la confiance 

Récemment, trente-cinq procureurs de la région d’Odessa ont suivi une formation intense sur la conduite à tenir face aux témoins dans un tribunal. Comment les interroger, comment les protéger, comment enquête-t-on efficacement sur un cas ? Tout cela, et plus encore, faisait partie du cours proposé fin septembre 2018 par la mission civile de l’Union européenne EUAM Ukraine (European ­Union Advisory Mission). Alors que les ministères publics de ce pays d’Europe de l’Est travaillent traditionnellement selon l’état du dossier, c’est le contact direct avec les témoins qui était au cœur de la formation. Celle-ci n’est qu’une infime partie du travail de l’EUAM qui aide à réformer le secteur civil de la sécurité en Ukraine. Quelque 300 experts de l’UE conseillent par exemple leurs homologues ukrainiens depuis 2014 dans le domaine juridique et celui de la police, dans la lutte contre la corruption ou en matière de droits de l’homme. L’objectif est aussi simple qu’ambitieux : créer un secteur de la sécurité qui fonctionne bien, qui soit efficace et fiable – et qui jouisse de la confiance de la population.

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MÉDITERRANÉE

Lutter contre les passeurs

Elle poursuit les passeurs pour mettre un terme aux naufrages en Méditerranée, elle soutient la stabilisation de la Libye en faisant respecter l’embargo des Nations unies sur les armes et en formant les garde-côtes libyens. La Force navale de l’Union européenne (EUNAVFOR MED Sophia) est une opération militaire en mer et dans les airs à laquelle participent vingt-six pays avec quelque 1100 soldats. L’Allemagne participe actuellement à l’opération avec la frégate Augsburg et près de 200 soldats, Depuis 2015, l’EUNAVFOR contribue à la lutte contre les passeurs en Méditerranée entre les côtes libyenne et italienne sur une zone ayant à peu près la taille de l’Allemagne. Les soldats surveillent la zone et essaient d’obtenir une vue d’ensemble sur les pratiques des passeurs. Ils peuvent aussi arraisonner et fouiller les navires, confisquer ses biens et faire monter les suspects à leur bord pour les transférer à un État membre de l’UE. À ce jour, plus de 140 personnes suspectées d’être des passeurs ont été remises aux autorités italiennes, 400 véhicules utilisés par les passeurs ont été détruits. En outre, les soldats ont sauvé jusque-là 50 000 personnes du naufrage.

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