Article 1 : la dignité de l’être humain

Nia Künzer, championne du monde de foot et ambassadrice de l’UNICEF : Nous avons beaucoup avancé mais avons encore beaucoup à faire

Nia Künzer, championne du monde de foot en 2003
Nia Künzer, championne du monde de foot en 2003 privat

La Loi fondamentale commence par les mots « La dignité de l’être humain est intangible » – et cela pour de bonnes raisons. Je considère cette phrase comme essentielle car elle empreint l’esprit de la Loi fondamentale et, ainsi, celui de la République fédérale d’Allemagne. Elle va également bien au-delà de tout texte législatif ; elle constitue la base d’un vivre-ensemble pacifique général, ici comme dans d’autres parties du monde.

La dignité de l’être humain est intangible.

Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne, article 1

Pour moi, cette phrase est la prolongation collective ou juridique de l’impératif catégorique d’Emmanuel Kant. Si chacun la respectait, une grande partie de nos problèmes seraient résolus. C’est pourquoi je considère l’article 1 de la Loi fondamentale allemande comme une conquête magnifique, les pères et les mères de la Loi fondamentale ont fait un grand bond civilisateur.

Que les droits de l’homme dans l‘alinéa 2 soient qualifiés d’inaliénables comme fondement de toute communauté humaine précise l’article 1 en toute logique mais doit aussi être compris dans le contexte historique ayant fondé la Loi fondamentale : la catastrophe du nazisme rendait une telle formulation nécessaire, l’évocation de la paix et de la justice dans le monde, même si, en fait, cela devrait être clair.

Avons-nous réalisé l‘article 1, le vivons-nous ?  Nous avons beaucoup avancé mais sommes encore loin d’être parfaits. Il suffit de penser à la pauvreté en Allemagne, à l’inégalité des chances dans le système éducatif, aux ventes d’armes à des pays au régime douteux, à la coopération pour le développement avec des pays qui ne respectent pas les droits de l’homme, et à bien d’autres choses encore.

 L’article 1 de la Loi fondamentale est aujourd’hui aussi pressant et actuel qu’il y a 70 ans.

Nia Künzer, championne du monde de foot et ambassadrice de l’UNICEF

Pour aussi familier que nous semble le leitmotiv de l’article 1, pour autant que nous ayons internalisé sa formule – il n’est pas évident. Nous devons sans cesse nous atteler à sa réalisation, les responsables politiques comme tous les citoyens. Y travailler ne s’arrête jamais. Ainsi, l’article 1 de la Loi fondamentale est aujourd’hui aussi pressant et actuel qu’il y a 70 ans, même si plusieurs décennies de bonne tradition démocratique se sont écoulées depuis. Il n’a rien perdu de son importance et de son rayonnement ni, surtout, de sa mission.

L’article 1 de la Loi fondamentale

(1) La dignité de l’être humain est intangible. Tous les pouvoirs publics ont l’obligation de la respecter et de la protéger.
(2) En conséquence, le peuple allemand reconnaît à l'être humain des droits inviolables et inaliénables comme fondement de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.
(3) Les droits fondamentaux énoncés ci-après lient les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire à titre de droit directement applicable.

Nia Künzer, Fußballweltmeisterin 2003
Nia Künzer est une ancienne joueuse de football allemande qui a remporté le Championnat du monde de foot féminin avec l‘équipe nationale en 2003. Elle dirige depuis 2017 le Département de l’intégration, du bénévolat et de l’accompagnement social au Conseil régional de Giessen. Nia Künzer s‘engage également bénévolement, par exemple comme ambassadrice de l’UNICEF et comme défendeur des droits des filles et des femmes.

© www.deutschland.de

You would like to receive regular information about Germany? Subscribe here: