La démocratie commence dans les salles de classe
Marina Weisband se bat pour une démocratie privilégiant la participation à l’instruction des enfants et adolescents et qui leur montre très tôt que leur voix compte.
La démocratie ne commence pas dans les isoloirs, les partis, les parlements ou les manifestations, mais dans les familles et les salles de classe. Pour Marina Weisband, une question-clé en matière de politique est la suivante : ce n’est que lorsque les enfants et adolescents comprennent qu’ils sont entendus qu’ils reconnaissent la valeur d’un système démocratique.
Marina Weisband, née en 1987 à Kiev, a grandi dans une famille juive qui s’est installée en Allemagne en 1994. La psychologue diplômée vit aujourd’hui à Münster avec sa famille, elle détient la binationalité allemande et ukrainienne et est également artiste indépendante. Elle s’est fait connaître à l’échelle nationale en tant que leader politique du parti pirate et a été invitée dans de nombreuses émissions télé ainsi qu’en tant qu’autrice et oratrice lors de conférences. Partageant sa vie entre deux pays, elle s’exprime régulièrement sur le sujet de la guerre russe en Ukraine depuis le début du conflit.
Une démocratie concrète
Son projet le plus important : aula. Elle a créé ce concept participatif numérique pour les écoles et elle travaille en permanence à son développement. Il doit permettre aux enfants et adolescents de prendre part aux décisions concernant leur quotidien : salles de classe, règlement, pauses, matériel, évènements. Loin d’être un jeu, il doit constituer une expérience réelle de prise de responsabilité.
Marina Weisband affirme, quant à sa propre scolarité : « Je n’ai jamais eu l’impression d’être importante ou que ma voix faisait une différence. » De là est né son projet. aula permet, selon elle, de prendre les élèves « réellement au sérieux ». Même les propositions absurdes sont considérées et analysées : Quels sont les arguments en faveur ? Combien cela coûterait-il ? Est-ce compatible avec le règlement ? La démocratie fonctionne ainsi : écouter, argumenter, débattre, voter, trouver des compromis et des solutions.
Contre l’impuissance
Dans le débat autour des enfants et des réseaux sociaux également, Marina Weisband pense en termes de participation. Elle est, certes, conscientes des dangers : addictions, haine, harcèlement, fake news et radicalisation. Elle estime toutefois que c’est une erreur que de vouloir protéger les jeunes sans les consulter et les impliquer, « car seule la prise de responsabilité peut apprendre à devenir responsable ».
À Buchenwald, un ancien camp de concentration des Nazis près de Weimar, Marina Weisband déclarait en 2025 : « Nous ne devons pas simplement défendre la démocratie, nous devons la consolider ! » Une prise de position qui explique également son opposition au parti d’extrême droite AfD, qui bénéficie d’un soutien croissant en Allemagne. Pour Marina Weisband, renoncer n’est pas une option. Dans une interview, elle insiste : « Il nous faut tenir et continuer la lutte contre le fascisme. »