Série « Kulturlandschaften »

Pour la chaîne de télévision 3sat, l’auteur à succès germano-russe Wladimir Kaminer analyse comment l’art se crée en province et comment la culture devient une patrie. Une brève interview.

ZDF/Christian A. Roeder - Wladimir Kaminer

Monsieur Kaminer, c’est la seconde fois que, pour la série « Kulturlandschaften », vous rendez visite à des artistes éloignés des métropoles. Qu’est-ce que la province allemande a à offrir ? 

Les grandes villes d’Allemagne  - et à mon avis il n’y en a qu’une ou deux – fonctionnent comme des chaudrons de sorcières, comme un enfer fait maison où l’on voit guère la différence entre les diables et les pécheurs. Ils tournent tous autour d’un même foyer. La province nous montre un autre visage. Les gens y font partie d’une histoire qui est plus ancienne qu’eux. Elle commence bien avant leur naissance et ne s’arrête pas au moment de leur mort. Les artistes à la campagne ont aussi davantage les pieds sur terre qu’à la ville. Ils captent mieux le silence.     

Les épisodes des « Kulturlandschaften » sont très différents. Qu’est-ce qui inspire les artistes ?

En Allemagne, les différences régionales sont énormes, bien plus nettes qu’en Russie. Les traditions, le comportement vis-à-vis des étrangers, les tempéraments. Je ne connais aucun autre pays au monde où des régions situées à ses extrémités, comme l’Allgäu et la Frise orientale, peuvent exister parallèlement dans la paix. Mais peut-être que je n’ai tout simplement pas assez voyagé. En tous les cas : depuis que j’ai découvert le nord de l’Allemagne, je comprends mieux ma région du Brandebourg.

Vous vivez à Berlin depuis déjà 1990 et vous connaissez de nombreux aspects de l’Allemagne, par exemple pour être allé dans beaucoup de lieux afin de présenter vos romans et faire des conférences. Qu’est-ce qui vous a surpris lors de vos nouveaux voyages ?

En tant qu’écrivain, j’ai toujours fait les mêmes trajets, allant du train à l’hôtel, de l’hôtel au club. J’ai été invité dans des villes où l’on souhaitait me voir et je n’y ai rencontré que des gens qui m’appréciaient. Avec la série « Kulturlandschaften » j’ai découvert l’Allemagne au-delà de mon parcours culturel. J’ai parlé à des gens qui n’avaient jamais rien lu de moi ni de quelqu’un d’autre. Ils m’ont raconté leurs histoires, m’ont confié leurs idées et leurs doutes. J’ai fait de nouvelles expériences et c’est aussi grâce à « Kulturlandschaften » que je suis tombé amoureux  du pays et de ses habitants. 

Nouveaux épisodes de « Kulturlandschaften » à partir du 22 août 2016 sur 3sat

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