Cinq faits sur l’Etat et la religion
Séparés mais partenaires : les relations de l’Eglise et de l’Etat en Allemagne
Les religions en Allemagne
En Allemagne, les personnes peuvent pratiquer leurs croyances librement – peut importe la religion à laquelle elles appartiennent. Près de 48 pour cent de la population allemande est sans confession, 23 pour cent est catholique, 21 pour cent est protestante et huit pour cent est de confession autre (dont environ la moitié, de confession musulmane).
La séparation de l’Etat et de la religion
Par la Constitution, l’Etat est obligé d’avoir des rapports neutres avec les religions et les philosophies. Il ne peut pas s’identifier à une quelconque croyance religieuse ou philosophique. Mais « neutre » ne signifie pas que l’Etat rejette ou soit indifférent aux religions. La Cour constitutionnelle fédérale a suggéré un « soutien neutre » de l’Etat envers les religions et les philosophies.
La « neutralité active » signifie que l’État et les religions coopèrent comme des partenaires dans de nombreux domaines : l’État participe financièrement aux hôpitaux et institutions sociales qui sont gérés par des communautés religieuses. Cette imbrication et les privilèges religieux se heurtent aux critiques des associations de personnes sans confessions.
Jours fériés et cours de religion
Les dimanches et les jours fériés reconnus par l’État, principalement chrétiens, sont protégés par la Constitution en tant que jours de repos. Ce sont les Länder qui fixent les jours fériés applicables et les exceptions aux jours de repos.
Dans la plupart des Länder, les écolières et écoliers suivent des cours de religion dans les écoles publiques, selon le Land, il existe aussi des cours d’éthique ou d’autres alternatives. La théologie est aussi enseignée dans les universités publiques, et pas seulement religieuses. Pour certaines chaires de théologie, les Églises disposent de droits de participation. Quiconque souhaite dispenser un enseignement religieux confessionnel doit, en règle générale, être habilité à cet effet par la communauté religieuse compétente.
Impôt destiné aux Eglises
L’Allemagne est l’un des rares pays au monde où l’État perçoit, au nom des communautés religieuses, une taxe ecclésiastique auprès de leurs membres. La taxe ecclésiastique s’élève à huit ou neuf pour cent des impôts sur les revenus. Cela permet aux Églises de financer une partie de leurs dépenses.
Des contrats anciens et de nouvelles communautés religieuses
La coopération entre l’État et les communautés religieuses est régulée dans la Loi fondamentale et par des conventions. De nombreuses dispositions datent d’une époque où la grande majorité des Allemands appartenaient à une Église. Elles sont donc adaptées aux Églises chrétiennes. Depuis quelques années, l’État essaie de prendre en compte l’Islam dans les dispositions. Ce n’est pas simple, car les communautés musulmanes sont organisées différemment des Églises chrétiennes et ne tiennent notamment pas de registres de leurs membres.