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WeimarerDreieck
© Unsplash/Alex Shuper

Ce qui lie l’Allemagne, la France et la Pologne

En 1991, une coopération politique spéciale des trois pays à commencé à Weimar. Comment elle a évolué sur 35 ans et quel rôle elle joue en Europe aujourd’hui. 

19.08.2026Ina BrzoskaIna Brzoska

Lorsque le ministre allemand des Affaires étrangères de l’époque, Hans-Dietrich Genscher, invite à Weimar, à l’été 1991, ses homologues français, Roland Dumas, et polonais, Krzysztof Skubiszewski, l’Europe est en pleine mutation : La réunification allemande remonte à seulement un an, la guerre froide a pris fin. De cette réunion naît un cadre de coopération que l’Allemagne, la France et la Pologne utilisent aujourd’hui encore pour coordonner leurs positions politiques.

Pourquoi les ministres des Affaires étrangères se sont-ils réunis précisément à Weimar ?

Weimar a été choisie sciemment. La ville est associée à Goethe, Schiller et au classicisme de Weimar, mais aussi à la première démocratie allemande et aux bouleversements politiques du XXe siècle. Par le choix de Weimar, Genscher voulait montrer que les valeurs communes et le patrimoine culturel européen partagé devaient constituer l’un des piliers de la nouvelle Europe. Simultanément, l’Allemagne, la France et la Pologne souhaitaient, après la fin de la division de l’Europe, renforcer leur coopération et assumer ensemble la responsabilité de son avenir.

Comment la coopération s’est-elle poursuivie ?

Dans les années qui suivirent, la Pologne a été sans cesse davantage intégrée dans les structures européennes et transatlantiques. En 1999, le pays a intégré l’OTAN, le 2004 l’UE. Le rôle du Triangle de Weimar a dans ce contexte également changé. D’un cadre de rapprochement entre l’Est et l’Ouest, le Triangle de Weimar est progressivement devenu une instance réunissant trois États membres de l’UE qui élaborent des positions communes sur les questions européennes. Cela inclut notamment l’élargissement et l’avenir de l’UE, la sécurité et la défense de l’Europe, ainsi que les relations avec les voisins de l’est.

Quel rôle joue le ministère des Affaires étrangères ?

Du côté allemand, le ministère des Affaires étrangères structure la coopération dans le Triangle de Weimar. Ce cadre ne dispose ni d’un siège permanent ni d’un secrétariat propre. C’est pourquoi les ministres des Affaires étrangères ainsi que leurs ministères jouent un rôle central. Mais la coopération va plus loin : Des chefs d’État et de gouvernement, d’autres ministres ainsi que des parlementaires se réunissent également dans le cadre du Triangle de Weimar. Depuis 1991, les trois pays utilisent ce cadre pour s’harmoniser sur des questions européennes et internationales d’importance. Ainsi, ils se sont notamment consultés en 2014 sur la crise en Ukraine et en 2016 après le référendum britannique relatif à l’avenir de l’UE.

Qu’est-ce qui préoccupe aujourd’hui le Triangle de Weimar ?

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la sécurité et la défense de l’Europe ainsi que le soutien à l’Ukraine sont au cœur des préoccupations. En janvier 2026, les ministres des Affaires étrangères allemand, français et polonais se sont entretenus à Paris de la situation sécuritaire en Europe, des négociations de paix en cours et des garanties de sécurité pour l’Ukraine. Le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, a participé à des discussions en tant qu’invité. Il s’agissait également de renforcer la coopération entre l’Europe et l’Inde dans les domaines de la sécurité et de l’économie.

Johann Wadephul, Jean-Noël Barrot et Radosław Sikorski
Les ministres des Affaires étrangères Johann Wadephul, Jean-Noël Barrot et Radosław Sikorski (de gauche à droite) lors de la réunion du Triangle de Weimar à Paris, en janvier 2026. © picture alliance/dpa | Jörg Blank

Comment le Triangle de Weimar unit-il les citoyens des trois pays ?

La portée du Triangle de Weimar s’étend bien au-delà de la politique gouvernementale. Des jumelages entre villes, des rencontres de jeunes et des manifestations culturelles rapprochent les populations allemande, française et polonaise. Des hautes écoles, des associations et d’autres organisations de la société civile contribuent aux échanges. Ces dernières années, des projets communs de soutien à l’Ukraine sont venus s’y ajouter.