Des règles claires pour la migration en Europe
Le Régime d’asile européen commun (RAEC) protège les personnes persécutées, accélère les procédures et renforce la lutte contre la migration irrégulière.
De quoi s’agit-il ?
Dans l’Union européenne, les règles du Régime d’asile européen commun ou RAEC – ce dernier ayant été réformé – sont applicables depuis le 12 juin 2026. Cela implique de nouvelles dispositions en matière d’enregistrement, de procédure d’asile, de compétences, de procédures aux frontières et de retour. Ce que cela signifie pour l’Allemagne : la gestion nationale des migrations s’inscrit davantage dans un cadre européen commun.
Pourquoi cette réforme est-elle importante pour l’Allemagne ?
Au cours des dernières années, l’Allemagne a accueilli de nombreux demandeurs d’asile. D’après un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), elle abritait fin 2025 environ 2,7 millions de réfugiés et autres bénéficiaires d’une protection internationale : en chiffres absolus, cela fait de l’Allemagne le deuxième plus grand groupe d’accueil au monde – après la Colombie. Voilà qui montre la chose suivante : l’Allemagne assume ses responsabilités humanitaires. C’est précisément pour cette raison que l’Europe doit disposer de règles fiables, d’une répartition équitable des responsabilités et d’une gestion efficace.
Quel est le principe fondamental de ces nouvelles règles ?
L’Europe gère la migration de manière concertée. Toute personne arrivant aux frontières extérieures de l’UE doit faire l’objet d’un enregistrement et d’un contrôle standardisés, incluant des vérifications d’identité, de sécurité et de santé. Cela permet de déterminer plus rapidement qui a besoin d’une protection, quel État membre est compétent et qui ne peut pas prétendre à un droit de séjour. Cette mesure devrait ainsi limiter les déplacements irréguliers au sein de l’Europe, souvent orientés vers l’Allemagne.
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Ouvrir le formulaire de consentementQue se passe-t-il dans le cadre des procédures aux frontières extérieures ?
Certains dossiers devraient être examinés plus rapidement, par exemple lorsqu’il s’agit de personnes originaires d’États à très faible taux de protection, en cas de dissimulation d’identité ou de risques pour la sécurité. Toute personne ne bénéficiant pas de protection doit pouvoir être renvoyée immédiatement. L’objectif est de clarifier la situation.
Quels changements cela implique-t-il en Allemagne ?
Située au cœur de l’Europe, l’Allemagne présente avant tout des frontières intérieures. Les procédures aux frontières extérieures sont mises en place aux points d’entrée dans l’espace Schengen – comme dans les aéroports internationaux. Pour le lancement du RAEC, un centre dédié aux procédures aux frontières extérieures a été mis en place à l’aéroport de Berlin-Brandebourg, d’une capacité initiale de 40 places. Pour ces procédures, l’Allemagne doit mettre à disposition 374 places à l’échelle nationale, notamment à Francfort-sur-le-Main et à Munich.
Le droit d’asile est-il préservé ?
Oui. Les personnes fuyant la guerre ou les persécutions continuent d’avoir accès à une procédure d’asile. Dans le même temps, ces procédures deviennent plus contraignantes, plus rapides et plus harmonisées sur le plan européen. L’objectif est de concilier humanité et ordre : accorder l’asile aux personnes ayant besoin de protection, sans pour autant encourager la migration irrégulière.
Comment renforcer la solidarité européenne ?
Les États situés aux frontières extérieures de l’UE restent généralement compétents, mais ne sont désormais plus livrés à eux-mêmes. Les autres États membres doivent apporter leur soutien en accueillant des réfugiés, par des contributions financières, une aide opérationnelle ou d’autres mesures de compensation. Pour l’Allemagne, il importe que la solidarité et la responsabilité soient à l’avenir davantage liées l’une à l’autre.
Qu’implique le RAEC pour les frontières terrestres allemandes ?
Les contrôles aux frontières terrestres allemandes sont maintenus à titre transitoire. Leur objectif est de limiter l’immigration clandestine et de lutter contre le trafic de migrants. À moyen terme, cela signifie que plus la protection des frontières extérieures de l’Europe, l’enregistrement et les procédures de retour fonctionneront efficacement, plus l’espace Schengen pourra être délesté rapidement.
Quel rôle jouent les hubs de retour ?
Les hubs de retour ont pour but de faciliter les renvois lorsque les personnes tenues de quitter le territoire ne peuvent pas être reconduites immédiatement dans leur pays d’origine, par exemple parce que les autorités de ce pays ne coopèrent pas. La création de centres situés en dehors de l’UE est prévue, par l’intermédiaire desquels les États européens concluront des accords avec des pays tiers.
Comment la migration légale s’inscrit-elle dans ce concept ?
Le RAEC se concentre principalement sur l’asile, la migration irrégulière et le retour. Cependant, la migration légale reste un sujet important – notamment pour le travail, la formation et le recrutement de main-d’œuvre qualifiée. Cette orientation politique ne vise pas l’isolement, mais l’ordre.
Le RAEC fait-il l’objet de critiques ?
Les organisations de défense des droits humains ainsi qu’une partie de l’opposition critiquent le fait que cette réforme constitue un durcissement considérable du droit d’asile européen. Plus précisément, ils pointent le risque d’une mise en détention aux frontières extérieures de l’UE, entre autres. Le gouvernement allemand souligne pour sa part que le renforcement des contrôles ne signifie pas pour autant la fin de la protection internationale des réfugiés.