« J’ai fait de mon hobby mon métier »

Leur travail consiste à jouer à des jeux vidéo : trois jeunes gens nous parlent de leur formation à la Games Academy à Berlin.

dpa

Allemagne. Avec plus de 300 projets créés par ses étudiants en 17 ans, la Games Academy à Berlin est la fabrique de jeux vidéo la plus productive d’Europe. Un programmeur, une femme concepteur numérique et une productrice nous expliquent le travail invisible que contiennent tous les jeux vidéo.

Martin Reumund, 29 ans, programmeur de jeux

Martin Reumund, 29 ans

En quoi consiste la formation de programmeur de jeux ?

Nous apprenons à programmer des réseaux, à écrire notre propre moteur, la logique des jeux et la programmation pour les terminaux mobiles. Une semaine de cours est suivie par une semaine de développement en équipe. Nous sommes alors tous réunis, le designer, l’artiste, le producteur et le programmeur.

Combien de temps faut-il pour qu’un jeu soit prêt ?

En général, deux ans ou plus, selon son étendue. A l’Académie, nous n’avons que six mois pour un projet. C’est trop court pour développer un jeu jusqu’au stade de sa commercialisation. Mais c’est ce que nous essayons de faire avec le projet Super Dashmatch qui dure un an. Si ça marche, ce sera utile pour trouver un emploi plus tard.

Qu’avez-vous fait avant d’entrer à l’Académie ?

J’ai fait des études d‘architecture et travaillé pendant trois ans comme réalisateur média et chef d’équipe dans l’impression numérique. J’ai toujours adoré jouer aux jeux vidéo et voulait impérativement travailler dans ce secteur. J’ai donc fait de mon hobby mon métier.

Mandy Goetz, 26 ans, productrice

Mandy Goetz, 26 ans

Etes-vous l’artiste dans l’équipe de développeur de jeux en qualité de digital artist ?

Oui, quand il y va de la conception. Au début, nous élaborons l’apparence du personnage. Quelle est sa couleur de cheveux, comment s’habille-t-il, dans quel environnement agit-il ? Il faut tout inventer.

Puis transposer l’idée sur le papier, ou plutôt sur l’écran ?

Oui, cela se fait aujourd’hui surtout avec des programmes 3D. Nous apprenons à le faire à l’Académie. Avant, j’ai fait une formation d’animation classique. Comme dans les vieux films de Walt-Disney, chaque mouvement est dessiné à la main puis filmé. Aujourd’hui, nous créons des images virtuelles avec la souris ou la tablette. On n’est même plus obligé de savoir dessiner On a surtout besoin d’aptitudes techniques pour les programmes 3D.

Que doit savoir faire un digital artist ?

Ça ne diffère pas des autres métiers créatifs, la photographie par exemple. Il faut respecter les délais, accepter les hiérarchies et être capable de travailler en équipe. Dans la phase de conception du jeu, on discute beaucoup et on essaie différentes choses. Car c’est quelqu’un d’autre qui a imaginé le personnage que nous voulons créer. Quand on dit « on va créer une fille », l’un pense à une super-woman à la Lara Croft, l’autre à un personnage mignon comme Heidi. Le défi consiste à trouver une solution.

Mandy Goetz, 26 ans, productrice

Mandy Goetz, 26 ans

Quelles sont les tâches d’un game producer?

Je fais tout ce que mes collègues créatifs n’aiment pas faire, je veille á ce que les coûts et les délais soient tenus. On peut le traduire avec « in time », « in budget » et « in quality ». J’explique volontiers mon travail avec une métaphore : l’artiste, le designer et le programmeur sont dans la rue et je les accompagne, veillant à ce que tous avancent au bon rythme. Quand des obstacles apparaissent, c’est à moi de les faire disparaître.

C’est un poste à responsabilité.

Effectivement. La game producer doit avoir tous les domaines à l’esprit, de la conception à la publication du jeu. Cela exige une certaine expérience et une certaine autorité. Avant d‘entrer à l’Académie, j’avais déjà suivi deux formations, une formation d‘employée de bureau et une formation hôtelière. Après, j’ai travaillé dans la comptabilité et les ressources humaines. C’est un avantage. En tant que productrice de jeux vidéo, je réunis les choses que j’aime faire : jouer, organiser et calculer.

Qu’apprenez-vous à la Games Academy?

La gestion des coûts et des risques, la gestion de projets, et tout sur les droits d’auteur et les licences. J’en ai besoin pour pouvoir prendre les bonnes décisions dans mon travail. Dans les situations stressantes, il faut garder l’ensemble à l’esprit et garder son sang-froid. Il ne faut pas craindre les conflits, il faut savoir communiquer clairement et parfois faire preuve d’autorité. Pour moi, avoir une image positive de l’être humain est très important dans l’exercice de mon métier. Je me considère comme une accompagnatrice.

Les développeurs de jeux en Allemagne www.deutschland.de

Games Academy Berlin www.games-academy.de

International Games Week Berlin www.gamesweekberlin.com

 

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