Aller au contenu principal

Le 1er mai à Berlin : une journée, cinq vérités

Le 1er mai, en Allemagne, de nombreuses personnes descendent dans la rue pour défendre les droits du travail et la justice sociale. À Berlin, cette journée est vécue de diverses manières. 

Anna Chiara Doil , 22.04.2026
Manifestation
Les participant·es à la manifestation révolutionnaire du 1er mai défilent dans le quartier de Berlin-Kreuzberg. © picture alliance / dpa / Sebastian Gollnow

Pour certaines personnes, le 1er mai est un jour de fête, une occasion de manifester pour de meilleures conditions de travail et la justice sociale. Pour d’autres, c’est l’une des journées de travail les plus éreintantes de l’année. Quiconque traverse Berlin durant cette journée y verra des manifestations, des fêtes et, parfois, aussi de la violence. Peu de dates montrant de manière aussi impressionnante avec quelle variété la liberté de réunion est vécue en Allemagne. Cinq récits montrent clairement à quel point les personnes vivent cette journée différemment. 

Frank Werneke

Frank Werneke, président du syndicat verdi 

« Le 1er mai est plus important que jamais. Avec ceux et celles du syndicat, nous descendons ensemble dans la rue et nous défendons l’État social en tant que base pour la cohésion, la prospérité et la croissance. Nous rejetons catégoriquement toute mesure visant à supprimer la journée de travail de huit heures ou à réduire les prestations en matière de retraite et de santé. À l’international, nous faisons preuve de solidarité avec toutes les personnes qui luttent pour de meilleures conditions de travail, pour la paix et les droits démocratiques. » 

Helene Scharf

Helene Scharf, habitante  

« Je vis depuis 45 ans à Kreuzberg, près de la Mariannenplatz, où commence le défilé du 1er mai. Avant, je manifestais moi-même, c’était souvent le jeu du chat et de la souris avec la police. Aujourd’hui encore, il y a des confrontations, c’est difficile à éviter. Le 1er mai est aussi un signe important contre le fascisme. Kreuzberg appartient aux jeunes durant cette journée. Pour les personnes plus âgées, il y a le rassemblement plus calme organisé par la Confédération allemande des syndicats devant le Rotes Rathaus. » 

Alexander Poitz

Alexander Poitz, vice-président fédéral du syndicat de la police 

« Pour nous, le 1er mai est le jour le plus important. Il montre ce que les syndicats ont obtenu et souhaitent encore obtenir. De nombreux policiers ont des sentiments mitigés à son égard : ils sont en service et protègent les manifestations. Dans les grandes villes surtout, il y a tous les ans des insultes, des dommages matériels et de la violence. Les forces d’intervention subissent des attaques ciblées. Si le 1er mai semble se dérouler dans un climat plus serein, c’est avant tout grâce à une préparation minutieuse et à un important déploiement de personnel. Tant que des policières et policiers seront blessés, on ne pourra pas parler de journée pacifique. » 

Serdar

Serdar, propriétaire d’un kiosque  

« Pour moi, en tant que propriétaire d’une boutique, le 1er mai signifie surtout une chose : préparer, sécuriser, tenir le coup. Je commande plus de marchandise et je range tout ce qui pourrait être volé ou endommagé. Mon frère m’aide au magasin ce jour-là. Pendant la journée, l’ambiance autour de la manifestation est tendue, le soir le quartier se transforme en fête. C’est justement ce changement qui caractérise cette date. » 

Robin Ilibasic

Robin Ilibasic, étudiant  

« Dernièrement, j’ai évité la manifestation du 1er mai à Kreuzberg, car il y a trop de foule pour moi. Malgré tout, cette journée reste importante pour les sujets politiques et sociaux. Cela ne devrait pas avoir lieu qu’une fois dans l’année, mais au quotidien. Je trouve que les manifestations pacifiques sont une bonne chose tant qu’il s’agit du contenu et non de faire la fête ou de vandaliser. Mais je me demande quel effet ces manifestations ont vraiment et si la politique transforme les revendications en actions. »