« Une crise des droits de l’homme »

Les régimes autoritaires profitent de la pandémie pour saper les droits de l’homme, dit Markus N. Beeko, d’Amnesty International.

Markus N. Beeko, Amnesty International
Markus N. Beeko, Amnesty International Amnesty International

Secrétaire général de la section allemande d’Amnesty International, Markus N. Beeko suit de près l’évolution globale pendant la pandémie du coronavirus. Dans cette interview, ce défenseur des droits de l’homme explique les dangers qu’il discerne.

M. Beeko, dans quelle mesure la crise du coronavirus a une dimension droits de l’homme ?
La crise de la Covid-19 est une crise des droits de l’homme. Nombre de pays ne protègent pas les personnes particulièrement vulnérables. Les gens qui, auparavant, n’avaient pas le nécessaire pour vivre sont maintenant extrêmement menacés. Amnesty constate en outre que les régimes autoritaires sapent les libertés et les droits. Ils imposent des mesures arbitraires avec une violence contraire au droit. Nous voyons aussi que, sous le prétexte du coronavirus, ils ont mis en place des systèmes de surveillance et poursuivent les journalistes importuns ainsi que les défenseurs des droits de l’homme.

Quels sont les droits de l’homme particulièrement menacés ?
Le droit à la santé et l’accès à l’eau, à l’alimentation, à un toit et à l’assainissement. Cela vaut particulièrement pour des groupes défavorisés comme les sans-abris, les enfants, les prisonniers ou les résidents des maisons de retraite et des foyers de réfugiés. Le droit d’association et de réunion, la  liberté de la presse et de l’information, la protection des données et de la vie privée sont également menacés. La restriction de ces droits doit être proportionnée, limitée dans le temps et soumise au contrôle démocratique.

Que peut-on faire contre cela et comment s‘engage Amnesty ?
C’est pendant les crises qu’il faut particulièrement veiller au
respect des principes de l’Etat de droit et des standards en matière de droits de l’homme. La coopération avec la société civile, la transparence face aux médias et une évaluation des mesures font partie d’une gestion réussie des crises. Amnesty le rappelle aux gouvernements dans le monde entier. Nous documentons les lieux où les droits de l’homme sont violés et nous les rendons publics.

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